Tiers payant: le président de la Fédération hospitalière de France “comprend les craintes des médecins”

A lire ci-dessous la dépêche AFP parue au sujet de la positionde la FHF que je préside, sur la généralisation du tiers payant.

PARIS,  8 janvier 2015 (AFP) – Le président de la fédération hospitalière de France (FHF) Frédéric Valletoux a dit “comprendre les craintes des médecins” sur la généralisation du tiers payant, questionnant la pertinence de cette mesure phare du projet de loi santé, dans une interview parue jeudi dans l’Opinion.
“Je comprends les craintes des médecins sur la complexité administrative”, a affirmé Frédéric Valletoux, en référence aux arguments brandis depuis des semaines par les médecins libéraux contre la généralisation du tiers payant – dispense d’avance de frais – d’ici à 2017.
Les médecins, qui ont entamé lundi une “grève administrative”, craignent notamment de se retrouver à la solde de l’Assurance maladie et des centaines de mutuelles existantes, en n’étant plus directement payés par les patients.
“A titre personnel, il ne me semble pas sain de déconnecter le coût d’un service de la réalité de ce service”, déclare Frédéric Valletoux, le tiers payant étant pourtant pratiqué à l’hôpital public.
Pour la ministre de la santé, Marisol Touraine, c’est d’ailleurs l’application du tiers payant qui pousse de nombreux Français vers les service d’urgences des hôpitaux. Son extension à la  médecine de ville permettrait ainsi de désengorger ces services d’urgences, estime-t-elle.
“La gratuité est citée comme cinquième motif de recours aux urgences”, derrière la garantie d’être hospitalisé en cas de besoin ou la possibilité d’effectuer des examens complémentaires, rappelle pour sa part Frédéric Valletoux, citant une étude FHF-TNS Sofres publiée en 2013.
“On agite donc un sujet plutôt secondaire sans en traiter d’autres, fondamentaux” comme les déserts médicaux, juge le président de la FHF, qualifiant le projet de loi “de texte bavard qui n’amorce pas de réforme structurante du système de santé”.
“On est passé en un an et demi de la présentation d’une stratégie nationale de santé ambitieuse, cohérente et suscitant une large adhésion, à une déception et une tension jamais vue trois mois avant l’arrivée d’un texte au parlement”, a-t-il regretté.
Le projet de loi santé cristallise les tensions dans le monde médical depuis sa présentation en octobre. Il doit être discuté à l’Assemblée nationale au printemps.

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