Le maire de Fontainebleau remet demain un rapport à la ministre de l’Ecologie pour demander le classement de la forêt en parc national.
Avec 15 à 20 millions de visites par an, la forêt de Fontainebleau, si proche de Paris, peut-elle obtenir le statut de parc national ? C’est le souhait de Frédéric Valletoux, maire UMP de la cité impériale. Il remet demain un rapport en ce sens à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie et du Développement durable. « On s’est inspiré du Grenelle de l’environnement et notre comité de pilotage comptait quatre collèges avec des élus, des associations d’usagers, des environnementalistes et des acteurs économiques. »
Le projet ne date pas d’hier. Dès sa création, en 1948 à Fontainebleau, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a souhaité que la forêt de Fontainebleau soit classée en parc national. Mais rien. En 1999, le rapport Dorst s’est prononcé contre, en raison de l’opposition des élus locaux, mais aussi à cause du réseau routier (l’autoroute A 6, la N 7…) et d’une forte concentration d’activités humaines sur le massif.
Un projet inquiétant pour les associations d’usagers
Pourquoi relancer le débat ? « La loi de 2006 sur les parcs nationaux introduit une notion plus ouverte. Avant, on mettait les territoires sous cloche. Maintenant, l’homme n’est plus un intrus, mais un élément de l’environnement, explique Frédéric Valletoux. En outre, un parc clarifierait la gouvernance du massif, actuellement suivi par un empilement de dix-sept mesures et statuts différents ! Les élus auraient une responsabilité. » Enfin, selon lui, « il faut se projeter dans l’avenir. Comment concilier une fréquentation toujours croissante du massif avec la fragilité de cet espace ? Il s’agit de la première forêt européenne en termes de qualité de biodiversité. L’idée du parc, c’est un meilleur accueil et plus de pédagogie pour le public ».
Du côté des représentants d’usagers, vététistes, chasseurs, cavaliers, etc., le projet inquiète. C’est le cas de l’Association des amis de la forêt de Fontainebleau. Son avis est partagé par le Cosiroc, fédération nationale d’associations de grimpeurs qui représente 80000 passionnés. Même point de vue au Coderando, qui regroupe 75 associations de randonneurs seine-et-marnais.
Frédéric Valletoux se veut lucide. « Dans le comité de pilotage, orchestré par François Letourneux, président de l’UICN, on est arrivé à un point de consensus : la poursuite du débat au sein d’un groupement d’intérêt public (GIP). On doit trouver un point d’équilibre entre la préservation du site et l’accès aux usagers. J’espère que l’Etat dira son intention de rentrer dans ce débat et de participer au GIP ! »
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