Discours – Commémoration du 11 novembre 1918


Fontainebleau, le lundi 11 novembre 2019

Il y a 101 ans, la victoire de la France et de nos alliés mettait fin à une guerre longue et sanglante, qui, en Europe tout au moins, a décimé une génération de jeunes hommes et provoqué de très nombreuses victimes militaires et civiles. 

Et depuis, chaque génération de français se rassemble, chaque année, en ce 11 novembre, jour de l’Armistice, jour où la fureur des armes a laissé place sur les champs de bataille au calme et au silence. Un jour de Paix retrouvée qui a permis à chaque famille d’entamer son travail de deuil. Car véritablement aucune de nos familles n’a été épargnée et a eu la douleur d’avoir perdu un être cher, et c’est pour cela, au nom de cette blessure profonde et cette horreur liée à une guerre qui n’avait jamais eu une telle ampleur, que nous devons veiller à ne pas perdre le fil et contrinuer, inlassablement, à nous réunir au pied des Monuments aux Morts des villes et villages, qui recensent, triste litanie, la longue liste de ceux qui ont donné leur vie pour notre Pays.

Cette guerre personne ne s’attendait à ce qu’elle fut une telle folie meurtrière. En novembre 1914, nombreux étaient les soldats qui, alors sur le front depuis 3 ou 4 mois, promettaient à leurs familles, dans leurs nombreuses lettres, un retour pour Noël. Car tous, en 1914 s’attendaient à une guerre rapide. Il n’en fut rien, et près d’un million et demi de soldats Français ne reviendront pas.

De Fontainebleau, ils furent plusieurs milliers à partir à la guerre et 403 n’en sont jamais revenus. Leurs noms sont gravés sur ce monument ; leur sacrifice ne doit jamais être oublié.

Nous nous rassemblons aujourd’hui pour nous souvenir. Nous souvenir de leur sacrifice, lire leurs noms à défaut de nous rappeler de leurs visages de jeunes hommes. Nous sommes là pour les honorer. 

Nous ne devons pas nous souvenir par habitude ou conformisme. 

Nous ne devons pas nous souvenir pour exalter la victoire d’un camp contre un autre. 

Nous ne devons pas nous souvenir par pur patriotisme. 

Nous devons nous souvenir pour surtout ne pas oublier, avec cette certitude que chacun d’entre nous doit avoir chevillée au corps que c’est dans l’oubli que se niche le risque de voir recommencer le même aveuglement, le même enchainement des faits, le même emballement guerrier. 

Nous devons nous souvenir pour n’avoir qu’une boussole, qu’un seul cap collectif : la Paix et la Fraternité.

A Fontainebleau, c’est cet état d’esprit qui nous anime. Avec un vrai plaisir, nous préparons actuellement les célébrations de 60 ans d’amitié avec nos amis allemands de la ville de Constance. Ce sera l’année prochaine. 

Fontainebleau a été une des toutes premières villes de France à s’engager    dans un jumelage avec une cité allemande. Pour le centenaire de l’armistice, l’année dernière, vous vous en souvenez certainement, le maire de Constance était d’ailleurs présent ici, avec une délégation allemande, et aux côtés d’une délégation anglaise de la ville de Richmond. 

Nous avons su, depuis 60 ans, donner corps à la paix, de façon très concrète. Par des projets, culturels et souvent en direction de la jeunesse, nous créons des passerelles. 

Cela fait de nous des acteurs de la Paix, en France et en Europe.

Cela fait de nous des acteurs du projet européen tel que je le conçois, celui d’une communauté de valeurs, de libertés et d’humanisme. 

Sur ce territoire de Paix, à consolider toujours, l’Europe est la juste échelle pour offrir à la France l’avenir le plus solide face aux enjeux contemporains, et de demain.

Tout en ayant en tête l’objectif de voir se développer une Europe fraternelle, ayons de la même manière une pensée pour tous les soldats français qui meurent encore au combat. 

Aujourd’hui même, le Président de la République, Emmanuel Macron inaugure un monument à Paris en l’honneur des 549 militaires morts au combat depuis 1963, date de la fin des guerres de décolonisation. 549 militaires morts en période dite de Paix. Si nous devions ici même aligner leurs noms, cela occuperait quasi exactement ce même Monument aux Morts qui compte 576 noms au titre des deux guerres. 

Ce sacrifice, faits par des hommes et des femmes qui placent leurs valeurs, celles de la France, au-dessus de leur propre vie en acceptant ce risque, nous rappelle combien la Liberté reste fragile.

Face aux obscurantistes et aux ennemis de la démocratie qui nous menacent, ne répondons pas par la repli sur soi et les murs. 

Nous venons de fêter le 30ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Plutôt que de nouveaux murs, de nouvelles barrières, de nouvelles frontières étanches, mieux que de nouvelles tranchées, continuons à bâtir des passerelles entre les peuples, à construire des ponts entre les Nations, à hisser haut notre drapeau et à défendre pour mieux les partager nos valeurs que nous voulons universelles. 

Vive la Liberté, Vive l’Égalité, Vive la Fraternité.

Vive la Paix, Vive la République, Vive la France et Vive l’Europe.

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