Tous les coups ne sont pas permis en politique

J’ai annoncé lundi soir en conseil municipal mon intention de déposer prochainement une plainte pour dénonciation calomnieuse contre ceux qui, lors de la dernière campagne municipale, ont largement diffusé des accusations de malversations, de magouilles et de prévarications visant mon premier adjoint d’alors et moi-même dans le dossier du nouveau cinéma de Fontainebleau.
Ces accusations totalement farfelues et inventées, diffusées à quelques jours des dernières élections municipales et portées à la connaissance de la Justice par mes détracteurs, ont fait récemment l’objet d’un classement sans suite de la part du Procureur de la République de Fontainebleau. Mais à l’époque, il s’agissait pour ceux qui en sont à l’origine d’instrumentaliser la justice à des fins électorales, en nous accusant pêle-mêle de “faux en écritures publiques”, “conflit d’intérêt”, “détournement de fonds publics”, “dilapidation de fonds publics”, “prise illégale d’intérêts”, et “délit de favoritisme”.
Ce procédé est totalement abject et ces méthodes, qui visent à mentir pour salir, à jeter en pâture l’honneur des uns et des autres pour espérer grappiller quelques voix, doivent être combattues avec la plus grande fermeté.
A l’époque, j’ai condamné de tels agissements, mais à quelques jours des élections il n’est pas toujours aisé d’être audible. J’ai donc attendu pour réagir que la justice statue sur ces attaques ignobles et déshonorantes.
Aujourd’hui, c’est sur le même terrain de la Justice que je compte porter l’affaire, pour au moins trois raisons.
D’abord, je le fais pour défendre certes mon honneur, mais au-delà celui de mon premier adjoint, Jean-Alec Ducros, déjà affaibli par la maladie à l’époque et qui, aujourd’hui, n’est plus là pour se défendre. Si à 39 ans, en 2005, j’ai choisi de me présenter à des fonctions électives et ensuite de me consacrer à ces missions, c’est au nom d’une conception de l’action politique et publique aux antipodes des accusations que l’on a formulées contre moi. 

Ensuite, je le fais pour mettre à jour les méthodes utilisées par mes opposants pendant cette campagne des municipales : la manipulation, l’utilisation de prête-noms et le mensonge.
Enfin, je le fais pour démontrer par là même, s’il en était encore besoin, la complète légalité et transparence de ce projet de cinéma.
Tous les coups ne sont pas permis en politique. C’est la deuxième fois depuis que je suis maire que j’en appelle à la Justice pour défendre mon honneur. La première fois, en 2007, le maire d’Avon de l’époque avait été condamné pour injure publique à caractère nazi à mon encontre par le TGI de Fontainebleau. Aujourd’hui, j’irai jusqu’au bout de cette nouvelle action.
“On ne fait pas de la politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans”, a dit un jour André Malraux. Je le crois profondément.

VIDEO – Interview sur France info


L’hôpital public doit participer à l’effort de… par FranceInfo

Frédéric Valletoux, président de la Fédération Hospitalière de France était sur France Info pour parler de la réponse des professionnels de la santé à la diète imposée aux hôpitaux et aux cliniques.

Le gouvernement vient d’annoncer une baisse des tarifs administrés des actes facturés par les hôpitaux et cliniques à la Sécurité sociale. En 2015 ces tarifs baisseront de 2,5% dans le privé et de 1% dans le public qui est donc moins touché.
Réaction du président de la Fédération Hospitalière de France (FHF) au micro d’Emmanuel Cugny : “L’hôpital public doit participer à l’effort de maîtrise des comptes de toutes les administrations“.

 

CCPF : un budget 2015 sous contraintes

Communiqué du Bureau communautaire

Pour établir son budget 2015, la Communauté de communes du pays de Fontainebleau (CCPF) a dû prendre en compte une double contrainte.

La première, c’est celle d’avoir à subir une chute des dotations de l’Etat sans précédent.
Si cette réalité s’impose à toutes les collectivités locales, cette baisse signifie pour la CCPF une perte de 300.000 € (-10%) de la dotation globale de fonctionnement, une diminution qui va se poursuivre et s’amplifier dans les années à venir.

La seconde contrainte concerne la fermeture imprévue de la Piscine de la Faisanderie depuis le mois d’août 2014 et jusqu’à la rentrée prochaine. Cette fermeture pour des raisons de sécurité du bâtiment entraîne un manque à gagner (car pas de recettes d’exploitation malgré le maintien d’un certain nombre de charges) de 240.000 € en 2015 et un besoin d’investissement non programmé pour procéder à sa réouverture de plus de 1,7 million d’€ d’investissement.

Pour compenser ces près de 550.000 € de recettes en moins en 2015, nous avons d’abord mis en place un plan drastique d’économies dans l’administration communautaire ces derniers mois : baisse des charges à caractère général, non reconduction des CDD et non remplacement des départs à la retraite, gel des salaires. Ce plan a permis une économie de 200.000 €.

Néanmoins, l’ampleur de l’économie à réaliser nécessite un effort supplémentaire, c’est pourquoi nous proposons au Conseil communautaire une hausse des taux d’impôts intercommunaux limitée pour les ménages au nécessaire de 7%. Cela permettra d’apporter les recettes indispensables pour boucler le budget. La hausse pour les acteurs économiques sera inférieure afin de soutenir leur développement sur le territoire.

La baisse des dotations et ce coup dur sur la piscine ne nous laissent malheureusement pas d’autres choix au niveau intercommunal. Surtout si, comme nous le souhaitons, nous voulons préserver les capacités d’investissement de la CCPF, par exemple pour rouvrir rapidement la piscine, notamment pour les écoliers, faire aboutir la rénovation du stade Philippe Mahut qui est fréquenté chaque semaine par plus de 8.000 personnes venues de tout le Pays de Fontainebleau, ou enfin conforter les activités nautiques sur la rive gauche de la Seine.

Pour autant, en volume, l’impact sur les contribuables sera très limité, entre 10€ et 50€ par an en moyenne par foyer. Quelques exemples :
– Un propriétaire d’une maison de 200m² verra sa taxe foncière augmenter de 2€ par an, et sa taxe d’habitation de 30€ par an.
– Un locataire d’un appartement de 90m² verra sa taxe d’habitation augmenter de 15 € par an.

Malgré un contexte difficile pour les collectivités, avec des contraintes qui amènent actuellement l’Association des Maires de France à tirer la sonnette d’alarme et à demander au Gouvernement de préserver les finances locales, nous faisons tout notre possible pour limiter l’impact sur le portefeuille des ménages.

Signataires :
Frédéric Valletoux, président
Catherine Triolet, Jean-Pierre Joubert, Marie-Charlotte Nouhaud, Didier Maus, Béatrice Rucheton, Geneviève Machery, François Roy, Chrystel Sombret, vice-présidents

 

Les chiffres clés du budget 2015 :

> Une baisse inédite des recettes
> Baisse des dotations de l’Etat : – 300 000€
> Fermeture de la piscine : – 237 000€

> Un recours limité au levier fiscal
> Un coût limité entre 10 et 50€ /an en moyenne par foyer

> Un plan d’économie de 200 000€ en 2015

AFP : “Emprunts toxiques : les hôpitaux « satisfaits » de la hausse du fonds de soutien”

Mardi 24 février 2015 13 : 43

Paris, 24 fév 2015 (AFP) –

Le président de la Fédération hospitalière de France (FHF) Frédéric Valletoux s’est dit mardi « satisfait » de l’augmentation annoncée du fonds de soutien aux hôpitaux ayant contracté des emprunts toxiques : « c’est une victoire pour nous après des mois de mobilisation ».

« Nous sommes satisfaits puisque les arguments déployés depuis des mois ont porté. La voix des hôpitaux a enfin été entendue. Auparavant, il y avait deux poids et deux mesures entre les collectivités locales et les hôpitaux » exposés aux emprunts toxiques, a déclaré à l’AFP Frédéric Valletoux. « Les hôpitaux étaient les grands oubliés, on a remonté le courant », a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert a annoncé mardi que le fonds de soutien pour les hôpitaux, aujourd’hui de 100 millions sur trois ans, serait majoré de 300 millions sur dix ans. Ces 300 millions supplémentaires seront apportés par le système bancaire français par une majoration de la taxe sur le risque systémique.

« C’est une aide sérieuse pour financer les frais que génère la volatilité des taux d’intérêt. Et ce sera financé par les banques et non plus prélevé sur l’assurance maladie comme le premier fonds de 100 millions d’euros », s’est félicité M. Valletoux, précisant qu’une centaine d’hôpitaux étaient concernés.

Avec la flambée de la monnaie helvète, provoquée par l’abandon mi-janvier du taux plancher de conversion de la Banque nationale suisse, « la dette des hôpitaux s’est alourdie de 500 millions d’euros », a-t-il rappelé.

Le volume total de la dette des 1.100 hôpitaux français s’élève à près de 300 milliards d’euros, dont 1,5 milliard d’euros d’emprunts toxiques, a-t-il détaillé.

Dans un courrier daté du 11 février, des représentants de la communauté hospitalière, dont la FHF, avaient interpellé le président François Hollande « pour que les intérêts des hôpitaux et des Français ne soient pas sacrifiés au profit des intérêts des banques ».

cha/db/nm ■

Emprunts toxiques à l’Hôpital : interview en vidéo sur BFM Business

Satisfaction de voir aboutir de manière positive un an de mobilisation et un gros travail de conviction avec les équipes de la FHF pour que l’Etat et les banques prennent en compte l’impact des emprunts toxiques dans les hôpitaux. Les annonces du gouvernement sur ce sujet cette semaine vont dans le bon sens et la centaine d’hôpitaux concernés vont être financièrement aidés.

Ci-dessous mon intervention à ce sujet sur BFM Business TV

Jean-Alec Ducros nous a quittés

J’ai l’immense tristesse de vous annoncer le décès de Jean-Alec Ducros, adjoint au maire en charge des Finances et des Affaires internationales.
Jean AlecAprès avoir lutté de toutes ses forces contre la maladie, il nous a quittés le 11 février.

Elu municipal depuis 2005, 1er adjoint au Maire de 2008 à 2014, Jean-Alec Ducros a pendant près de 10 ans mis son expérience et son talent d’ancien chef d’entreprises au service de Fontainebleau.

Celles et ceux qui l’ont côtoyé dans ses fonctions savent ce que notre ville lui doit. Sa rigueur, son immense capacité de travail, son pragmatisme, faisaient de lui un élu unanimement respecté, spécialement sur les questions financières. Souvent dans l’ombre, il a pourtant mené les dossiers municipaux parmi les plus complexes et les plus sensibles. Nous lui devons par exemple la renégociation de la dette de la géothermie, la négociation de la délégation de service public de stationnement, la mise en œuvre de la feuille de route budgétaire de la Ville, exercice difficile s’il en est.

Fontainebleau perd un homme d’une grande bonté, une oreille amicale pour toutes celles et ceux qui se tournaient vers lui, un regard bienveillant sur chacun.

Jean-Alec était aussi un personnage atypique, flegmatique en toutes circonstances, mais d’une détermination et d’un courage que rien ne pouvait ébranler. Ces qualités dont il a fait preuves maintes fois durant sa vie ne pouvait que forcer l’admiration.

Après Philippe Mahut et Patrick Chadenet, c’est de nouveau un ami et un personnage important pour Fontainebleau qui nous quitte.

Nos pensées vont à son épouse, à ses enfants et petits-enfants, à toutes celles et ceux qui l’aimaient tant et qui sont aujourd’hui dans la peine.

Les obsèques auront lieu le jeudi 19 février à 10h30 en l’Eglise Saint-Louis de Fontainebleau

 

Un rapport de Chambre Régionale des Comptes plutôt flatteur sur Fontainebleau

Régulièrement, la Chambre régionale des Comptes inspecte de fond en comble les budgets des collectivités publiques, et en extrait un rapport qui examine leur gestion. Le dernier rapport concernant la Ville de Fontainebleau, pour sa gestion sur la période 2007- 2014, a été rendu public lundi soir en Conseil municipal (document intégral à télécharger en cliquant ici).

Qu’en ressort-il?

Le premier point, c’est la satisfaction de constater qu’après avoir enquêté sur tous les pans de l’action municipale (contrats, marchés publics, délégations de service public, opérations comptables et budgétaires, ressources humaines, programmes de travaux, gestion dans ses moindres détails), la Chambre des Comptes n’a émis que quelques remarques d’ordre général sur la situation financière. Habituellement, les rapports de ce type sont une succession d’observations sur les points qui posent problème ou les irrégularités ; en l’espèce, les magistrats n’ont relevé aucune irrégularité ni aucun problème majeur. C’est un premier signe de sérieux budgétaire.

Sur la forme, la Chambre a relevé la nette amélioration de la situation à la suite des observations du précédent rapport sur la gestion de la Ville avant 2004 : « la Commune a répondu à la plupart des observations formulées lors du précédent examen » et « il a été remédié à la plupart des anomalies relevées » à l’époque. Et il faut savoir que ces « anomalies » étaient particulièrement nombreuses (malversations sur le fonctionnement du marché forain, irrégularités dans l’attribution du marché de stationnement, par exemple).

Ce précédent rapport, particulièrement critique, et que vous pouvez consulter en intégralité en cliquant ici, faisait apparaître une « représentation inexacte du patrimoine, de la situation financière et du résultat », des « comptes faussés » et une « présentation des comptes par la Commune qui a conduit à faire apparaître une situation financière  plus satisfaisante qu’elle ne l’est en réalité ».

En somme, avec mon équipe, nous avons remis de la rigueur et de la transparence dans la gestion de la Ville.Sur le fond, le document présenté lundi salue les efforts faits par la Ville dans une situation que l’on sait tendue, notamment du fait de la dette de la géothermie qui représente encore 20% de la dette municipale.Le rapport note en effet que :. « en ce qui concerne les charges de fonctionnement, l’évolution des charges dites incompressibles […] a été maîtrisée »

. pour maîtriser ses dépenses d’équipement « la Commune a élaboré un plan pluriannuel d’investissement dans lequel elle a inscrit le financement prévisionnel des principales opérations d’équipement envisagées au cours des exercices 2013 à 2016 »

. « le niveau de l’endettement communal a été stabilisé »

Dans ce cadre, les recommandations des magistrats financiers sont de poursuivre les efforts engagés, en continuant à se tenir à la programmation pluriannuelle des dépenses d’équipement et la stricte maîtrise des dépenses de fonctionnement. Je me félicite particulièrement de ces recommandations, puisque c’est exactement le sens que nous avons donné à notre gestion ces dernières années, notamment avec le plan drastique d’économie prévu pour 2015, suite au tour de vis décidé par le gouvernement vis-à-vis du soutien de l’Etat aux collectivités locales.

Les contribuables sont en droit d’avoir une information précise et objective sur la gestion de leur ville, spécialement dans la période difficile que nous connaissons.

C’est pourquoi j’ai voulu vous transmettre ces documents dans leur intégralité. Vous pourrez ainsi prendre connaissance de l’appréciation des comptes municipaux par une autorité indépendante qui, tout en soulignant des marges de manœuvre limitées, dues en grande partie aux héritages du passés et aux baisses des dotations de l’Etat, valide notre gestion.

Interview dans l’Opinion : “L’hôpital public réclame «un signal politique fort» pour se réformer”


Les faits –
Frédéric Valletoux, 48 ans, ancien journaliste, est maire UMP de Fontainebleau depuis 2005. Après Gérard Larcher, Claude Evin ou Jean Leonetti, il est élu en 2011 président de la Fédération hospitalière de France. A ce titre, il a rencontré cette semaine la ministre de la Santé Marisol Touraine pour évoquer sa future loi.

De la petite maison de retraite au gigantesque CHU, la Fédération hospitalière de France (FHF) regroupe la plupart des établissements sanitaires et sociaux du secteur public. Y sont représentés aussi bien les directeurs d’hôpital que les médecins et les élus locaux qui président de ces structures.

L’hôpital public réclame «un signal politique fort» pour se réformer

La future loi de santé de Marisol Touraine agite les cliniques, les médecins libéraux, mais pas l’hôpital. Parce qu’elle le protège ?

Le texte contient quelques avancées, sur la prévention ou sur la coopération entre hôpitaux. Mais nous déplorons surtout ses impasses : rien sur la démographie ni les déserts médicaux, rien sur la permanence des soins, rien sur le financement du système de santé, si peu sur le lien ville-hôpital. Sauf à être considérablement enrichi au Parlement, ce projet de loi est un texte bavard qui n’amorce pas de réforme structurante du système de santé, pourtant nécessaire.

Pensez-vous, comme la ministre, que généraliser le tiers payant en ville désengorgera les urgences ?

Dans l’enquête FHF-TNS Sofres de 2013, la gratuité est citée comme cinquième motif de recours aux urgences. On agite donc un sujet plutôt secondaire sans en traiter d’autres, fondamentaux. A titre personnel, il ne me semble pas sain de déconnecter le coût d’un service de la réalité de ce service. Je comprends les craintes des médecins sur la complexité administrative et je rappelle que plusieurs dispositifs permettent aux personnes fragiles de ne pas avancer de frais ; sans doute faudrait-il les faire connaître davantage.

Les cliniques privées qui accueillent des urgences, assurent des gardes, veulent elles aussi bénéficier du label «service public hospitalier» prévu par cette loi. Y êtes-vous opposé ?

Nous n’avons aucune posture idéologique. Mais nous sommes vigilants. Si les cliniques commerciales reçoivent des financements pour des missions de service public, elles doivent remplir effectivement ces missions et non sélectionner ce qui les intéresse : participer aux gardes la nuit et le week-end, accueillir les patients sans distinction de gravité ou de pouvoir d’achat, limiter les dépassements d’honoraires (près d’un milliard d’euros contre 65 millions dans les hôpitaux). Toutes ne le souhaitent pas.

Plus généralement, le privé accuse souvent les autorités de favoritisme envers l’hôpital public…

La critique est infondée. Les agences régionales de santé (ARS) n’ont aucun droit de regard sur les cliniques et leurs activités ! Elles n’ont pas connaissance de leurs comptes. C’est pourtant l’assurance-maladie, donc de l’argent public, qui les finance quasi-intégralement. Entendons-nous bien : nous n’avons aucune hostilité envers les cliniques. Leur concurrence nous stimule ; elles ont par exemple montré la voie sur la chirurgie ambulatoire. Mais nous n’assurons pas les mêmes missions. Le public, c’est là où on forme, on traite les maladies lourdes ou rares, on gère les situations de crise (plan Blanc, Ebola…), on accueillie 85% des urgences.

Le budget des hôpitaux atteint 67 milliards d’euros, leur déficit ne se réduit plus. Quelles sont les marges de manœuvre pour maîtriser les dépenses ?

Les déficits des hôpitaux publics sont inférieurs à 0,2% de leurs budgets : l’hôpital n’est pas un bateau ivre ! Toutefois, il doit participer à l’effort d’efficience. D’abord en généralisant les coopérations : en dix ans, plus de 700 structures se sont mises en place pour regrouper la logistique, les achats de médicaments, etc. La future loi les rend obligatoires, c’est une bonne chose. Ensuite en revoyant l’organisation du temps de travail. Il ne s’agit pas de remettre en cause la durée légale mais d’aplanir ses conditions d’application. Le nombre de jours de RTT va de 10 à 25 d’un hôpital à l’autre, les comptes épargne temps contiennent 2 millions de jours impossibles à financer… Par exemple, un plafond de 15 RTT par an permettrait de dégager l’équivalent de 3200 postes à temps plein, soit plus de 400 millions d’euros. Il faut aussi monter en puissance sur l’ambulatoire et s’attaquer aux actes inutiles. La pose de stents peut varier du simple au double entre deux départements comparables, le taux de césarienne aussi. Le simple fait de connaître ces données, dont l’assurance-maladie dispose, pousserait les médecins à réfléchir à leurs pratiques.

Le gouvernement demande plusieurs milliards d’économies à l’hôpital mais signe des accords avec les urgentistes, les internes… Subissez-vous des injonctions paradoxales ?

Oui, les signaux sont contradictoires. L’accord entre la ministre et les urgentistes coûtera 90 millions par an aux hôpitaux, à comparer aux 400 millions de déficit de 2013. Et surtout, c’est une révolution : les médecins hospitaliers ont toujours décompté leur travail par demi-journée, les urgentistes vont maintenant être à la pointeuse ! D’autres exigent déjà la même chose, l’effet de contagion va jouer. Au-delà, on est passé en un an et demi de la présentation d’une stratégie nationale de santé ambitieuse, cohérente et suscitant une large adhésion, à une déception et une tension jamais vue trois mois avant l’arrivée d’un texte au Parlement. Le monde de la santé est profondément perturbé et le gouvernement éteint les incendies les uns après les autres : internes, urgentistes, cliniques…

Comment se dépêtrer des difficultés liées aux 35 heures ?

Juridiquement, un directeur d’hôpital peut très bien remettre à plat un accord dans son établissement. Mais aucun ne se lancera dans un chantier si risqué socialement sans signal politique fort de soutien qui ne peut être que national. Tous ont en tête l’hôpital Paul-Guiraud, à Villejuif, où le directeur, chargé de rééquilibrer les comptes, a été lâché quand il a voulu revoir les 27 jours de RTT annuels. Le discours gouvernemental est schizophrène : quand nous soulevons le problème, il répond « circulez, y’a rien à voir », puis il accorde, en dehors de toute vision globale, des mesures catégorielles aux urgentistes et aux internes dont les revendications portent justement sur le temps de travail.

De même, l’ambulatoire ne produira d’économies que si des effectifs sont supprimés en chirurgie classique mais personne ne l’explicite…

Le nombre de lits a déjà reculé de 15% en dix ans, passant de 307000 à 258000. Le personnel a crû sur la même période mais la fréquentation de l’hôpital aussi. Il y a en effet un discours de vérité à tenir : le développement de l’ambulatoire aura des conséquences sur l’emploi. Il faut l’assumer.

Il y a cinq ans, le ministère de la Santé promettait de fermer les services de chirurgie ou de cancérologie réalisant peu d’actes, pour des raisons d’efficience économique et de qualité des soins. Aujourd’hui on subventionne les petits hôpitaux. Y a-t-il eu un virage à 180 degrés ?

Non, heureusement pour la sécurité sanitaire. L’approche nationale menée sous Roselyne Bachelot a été abandonnée : le recensement des services n’atteignant pas un certain quota d’actes n’est même pas allé à son terme. Néanmoins, sur le terrain, les choses avancent discrètement, grâce à la logique de coopération qui permet de maintenir l’accès aux soins tout en arrêtant de vouloir tout faire partout. Le CHU de Lille coopère par exemple avec les hôpitaux de la région et les médecins libéraux, il joue pleinement son rôle de cœur de réseau. Chez moi, entre les hôpitaux de Montereau, Nemours et Fontainebleau, nous allons vers une spécialisation progressive avec un projet médical commun. La carte hospitalière ne sera jamais figée définitivement, ce serait faire abstraction des évolutions dans la façon de soigner, dans les technologies.

Télémédecine, chirurgie ambulatoire, objets connectés de santé pour la prévention… Ira-t-on encore à l’hôpital dans vingt ans ?

On ne construira sans doute plus d’hôpitaux cathédrales. Mais nous aurons toujours besoin de lieux de formation, de recherche, de prise en charge des cas complexes, de plateaux techniques lourds… Les CHU resteront les principaux lieux d’expertise, de compétences, mais grâce à ces nouvelles technologies, ils travailleront moins en autarcie et plus en réseau avec les hôpitaux et les professionnels de santé de ville alentours. Cela suppose deux choses. D’abord des investissements. Or, je suis inquiet du coup de frein sévère actuel ; nous sommes tombés à 4 milliards d’euros d’investissements par an contre 6 milliards il y a quelques années. Nous plaidons notamment pour un grand plan de e-santé. Ensuite, nous avons besoin de souplesse, de libérer les énergies. Or les agences régionales de santé ont été musclées sans dégraisser l’échelon national. La bureaucratie étatique s’en donne à cœur-joie : chaque directeur d’hôpital a reçu 232 circulaires en 2013, dont une de 80 pages sur des indicateurs pour mesurer la satisfaction des patients – indicateurs que personne n’analysera ! La machine s’emballe. Les hôpitaux crèvent de cette bureaucratie. J’ai alerté le président de la République de cette inflation normative, j’ai réclamé à Thierry Mandon un choc de simplification pour l’hôpital, mais je ne vois rien venir.

Tiers payant: le président de la Fédération hospitalière de France “comprend les craintes des médecins”

A lire ci-dessous la dépêche AFP parue au sujet de la positionde la FHF que je préside, sur la généralisation du tiers payant.

PARIS,  8 janvier 2015 (AFP) – Le président de la fédération hospitalière de France (FHF) Frédéric Valletoux a dit “comprendre les craintes des médecins” sur la généralisation du tiers payant, questionnant la pertinence de cette mesure phare du projet de loi santé, dans une interview parue jeudi dans l’Opinion.
“Je comprends les craintes des médecins sur la complexité administrative”, a affirmé Frédéric Valletoux, en référence aux arguments brandis depuis des semaines par les médecins libéraux contre la généralisation du tiers payant – dispense d’avance de frais – d’ici à 2017.
Les médecins, qui ont entamé lundi une “grève administrative”, craignent notamment de se retrouver à la solde de l’Assurance maladie et des centaines de mutuelles existantes, en n’étant plus directement payés par les patients.
“A titre personnel, il ne me semble pas sain de déconnecter le coût d’un service de la réalité de ce service”, déclare Frédéric Valletoux, le tiers payant étant pourtant pratiqué à l’hôpital public.
Pour la ministre de la santé, Marisol Touraine, c’est d’ailleurs l’application du tiers payant qui pousse de nombreux Français vers les service d’urgences des hôpitaux. Son extension à la  médecine de ville permettrait ainsi de désengorger ces services d’urgences, estime-t-elle.
“La gratuité est citée comme cinquième motif de recours aux urgences”, derrière la garantie d’être hospitalisé en cas de besoin ou la possibilité d’effectuer des examens complémentaires, rappelle pour sa part Frédéric Valletoux, citant une étude FHF-TNS Sofres publiée en 2013.
“On agite donc un sujet plutôt secondaire sans en traiter d’autres, fondamentaux” comme les déserts médicaux, juge le président de la FHF, qualifiant le projet de loi “de texte bavard qui n’amorce pas de réforme structurante du système de santé”.
“On est passé en un an et demi de la présentation d’une stratégie nationale de santé ambitieuse, cohérente et suscitant une large adhésion, à une déception et une tension jamais vue trois mois avant l’arrivée d’un texte au parlement”, a-t-il regretté.
Le projet de loi santé cristallise les tensions dans le monde médical depuis sa présentation en octobre. Il doit être discuté à l’Assemblée nationale au printemps.

Report de la Cérémonie des Voeux du Maire

Le Président de la République a décrété pour aujourd’hui une journée de deuil national. En conséquence, la cérémonie des voeux du maire de Fontainebleau est annulée, et reportée au jeudi 15 janvier à 19h30 au théâtre municipal. 

A l’initiative des maires du Pays de Fontainebleau, une marche silencieuse sera organisée le samedi 10 janvier à 11h (départ devant l’Hôtel de Ville de Fontainebleau), en hommage aux victimes de cette tuerie atroce.