La Méditerranée, cette absence qui ne laisse rien présager de bon

J’ai cosigné le 7 avril dernier dans L’Opinion une tribune avec un collectif de 23 maires et élus locaux de droite et du centre, dont Édouard Philippe (Le Havre), Gérald Darmanin (Tourcoing), Laurent Marcangeli (Ajaccio), Franck Riester (Coulommiers), Benoist Apparu (Châlons-en-Champagne) ou Arnaud Robinet (Reims)… où nous déplorons que la question méditerranéenne ne soit pas abordée lors de cette campagne présidentielle.

« On dirait qu’un cataclysme a brusquement déplacé l’axe du monde. Depuis 60 siècles il se trouvait au sud du continent, et le voilà fixé au Nord ». Ces mots furent écrits il y a près de cent ans par Henri Pirenne, historien belge précurseur de ce que l’on appellera l’Ecole des Annales dans un article fameux intitulé Mahomet et Charlemagne. Il y avançait l’idée que la conquête musulmane, en rompant l’unité méditerranéenne acquise depuis l’empire Romain, avait permis la constitution de l’Europe « carolingienne », c’est-à-dire l’émergence de la civilisation européenne telle que nous l’avons connue.

Mille deux cents ans après ce « basculement », nous peinons à comprendre ceux qui vont faire le monde de demain. L’exercice est, il faut le reconnaître, délicat. Mais essayons-nous seulement ? Nous posons-nous les bonnes questions ? L’avenir n’est certes écrit nulle part, mais il n’est pas absurde de s’y préparer malgré tout ! D’autant qu’il est déjà confusément contenu dans des transitions lourdes, engagées depuis plusieurs années, et que l’on peut raisonnablement prendre en compte dès maintenant.

La Méditerranée, par exemple. Elle a été notre mer commune pendant « 60 siècles », faisant naître sur ses rives les plus grandes civilisations et les œuvres plus remarquables de l’esprit humain ; puis une frontière et un champ de bataille entre Chrétienté et Islam pendant mille ans ; elle a été réunifiée par la force de la colonisation pendant un siècle. Elle est maintenant à l’heure de choix qui ne dépendent pas que de nous, Français et Européens, mais qui en dépendent en partie.

Que sont les réalités méditerranéennes ? La rive « sud », dans laquelle il convient de compter la Turquie, est sur « l’arc des conflits » qui s’étend du Maghreb au Caucase et à l’Asie centrale ; elle est empoisonnée depuis des décennies par le conflit israélo-arabe ; et toutes les sociétés musulmanes sont traversées par des tensions incroyablement fortes, allant jusqu’aux guerres civiles, entre forces modernistes et réactionnaires, tenants de l’ouverture ou du repli sur soi, espérances démocratiques et utopies religieuses totalitaires. La rive nord est celle de la démocratie libérale européenne, pacifique mais touchée par la crise, où montent les crispations identitaires et en panne de projet politique fédérateur.

Autour de cette mer commune, des hommes. De 1970 à 2000, la population des pays riverains est passée de 285 à 427 millions. De 2000 à 2025, elle se sera accrue de 100 millions supplémentaires, augmentation qui est essentiellement celle de la rive sud, africaine et asiatique : l’Europe méditerranéenne représentait 65 % de la population totale en 1950 ; elle ne compte que pour 40 % actuellement, et ce chiffre descendra à 35 % d’ici trente ans. Au Nord, l’urbanisation des côtes, la pression touristique et agricole sur les espaces naturels, les risques environnementaux ; au Sud, les mêmes maux, auxquels s’ajoute l’absence de débouchés et d’avenir pour des millions de jeunes.

Les ressources ne sont pas non plus réparties de façons égales : l’eau est au nord. La rive européenne détient 70 % des ressources du bassin méditerranéen, là où la rive sud comptera, à l’horizon 2050, près de 70 % de la population. Et la situation risque de s’aggraver plus rapidement encore si le risque climatique se confirme.

Nous parlons de nos rapports avec la Méditerranée du Sud en termes de sécurité, et c’est indispensable : le totalitarisme islamique nous fait la guerre, et la guerre civile fait rage à nos portes ; l’immigration, si elle devient incontrôlable, peut devenir une menace existentielle. Nous en parlons en termes moraux, et c’est bien : l’Europe ne serait pas l’Europe, et la France certainement pas la France, si nous ménagions nos efforts en faveur de la paix dans les pays du sud méditerranéen ou si nous nous enfermions dans l’indifférence face aux drames humanitaires en cours. En 2014, plus de 75 % des migrants qui sont morts dans le monde ont péri en Méditerranée !

Mais qui en parle en termes d’opportunités, de chance, et d’intérêt bien compris ? Pourquoi la question de nos relations avec la Russie, importante évidemment, en vient-elle à prendre autant de place dans notre débat démocratique au détriment de ce qui se passe à notre véritable, immédiate et plus dangereuse frontière : la rive sud de la Méditerranée ? Seul le candidat de la gauche radicale, notons-le, aborde régulièrement cette question, ce qui nous incite à saluer sa hauteur de vue mais certainement pas à acquiescer à ses solutions.

Où est la vision d’un Jacques Chirac, initiateur du processus de Barcelone en 1995 ? Où est le volontarisme d’un Nicolas Sarkozy, qui a en 2007 l’intuition formidable d’une Union pour la Méditerranée ? Qui formulera un projet faisant de la France le pivot de ce défi essentiel pour, excusez du peu, l’Europe, l’Afrique et le Moyen Orient ? Comment s’atteler à améliorer dans notre mer commune la gestion des ressources halieutiques et la lutte contre les pollutions, les échanges scientifiques et la politique énergétique, en particulier dans le domaine du solaire, la préservation d’un patrimoine historique gigantesque et souvent commun à tous nos pays, la culture et l’aide au « désenclavement » culturel : le monde arabe, et ses 400 millions d’habitants, traduit chaque année cinq fois moins d’ouvrages étrangers que la Grèce et ses 11 millions d’habitants ! Moins de 1 % de ce qui est traduit en France l’est de l’arabe, malgré l’importance des liens historiques et humains que nous avons avec ce bassin culturel. Comment faire tomber les préjugés et surmonter l’hostilité quand on ne lit jamais ce qu’écrit l’autre ?

Ces chantiers gigantesques doivent être ouverts. C’est l’intérêt de la France d’être en avance sur ces sujets. Encore faut-il que quelqu’un ait cette vision et nous propose de refaire de notre mer commune, à nouveau, un « axe du monde ». Que ces questions soient absentes de la campagne présidentielle ne laisse rien présager de bon ni de grand.

Edouard Philippe est maire (LR) du Havre, Gérald Darmanin est maire (LR) de Tourcoing, Laurent Marcangeli est maire (LR) d’Ajaccio, Jean Rottner est maire (LR) de Mulhouse, Franck Riester est maire (LR) de Coulommiers, Alain Chrétien est maire (LR) de Vesoul, Sébastien Lecornu est président (LR) du conseil départemental de l’Eure, Marie-Agnès Poussier-Winsback est maire de Fécamp, Matthieu Schlesinger est maire (LR) d’Olivet, Frédéric Valletoux est maire (LR) de Fontainebleau, Benoist Apparu est maire de Châlons-en-Champagne, Christophe Béchu est maire (LR) d’Angers, Arnaud Robinet est maire (LR) de Reims, Gil Avérous est maire (LR) de Châteauroux, Boris Ravignon est maire (LR) de Charleville-Mézières, Philippe Rapeneau est président (LR) de la communauté urbaine d’Arras, Xavier Bonnefont est maire (LR) d’Angoulême, Gaël Perdriau est maire (LR) de Saint-Etienne, Guillaume Delbar est maire (LR) de Roubaix, Frédéric Leturque est maire (UDI) d’Arras, Véronique Pouzadoux est maire (LR) de Gannat, Constance de Pelichy est maire (LR) de La Ferté St Aubin, Thierry Solère est président du groupe LR de la Région Ile-de-France.

Discours du 11 novembre 2016

11-novembre-2016

Monsieur le Sous-Préfet,                                                                                       Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires,   Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens Combattants,             Mesdames et Messieurs les élus,                                                                           Mesdames et Messieurs, mes chers concitoyens,

A l’échelle de nos vies, 100 ans c’est un horizon lointain. Mais qu’est-ce que 100 ans à l’échelle de l’Histoire et surtout de nos mémoires et de nos consciences ? Souvenons-nous une fois de plus ce matin des événements du siècle dernier et en particulier de ce drame que fut la première guerre mondiale.

Ce conflit qui déchira l’Europe et une bonne partie du monde entre 1914 et 1918 occupe encore, quelques années après la disparition des derniers combattants survivants des tranchées, dans nos cœurs et dans notre mémoire collective, une place particulière.

D’abord par l’ampleur du bilan humain et des pertes : 9 millions de morts et 6 millions de mutilés dans toute l’Europe. La France sort de cette guerre meurtrie et ruinée: 1 400 000 morts dont 600 000 victimes civiles; 630 000 veuves et 700 000 orphelins de guerre. Plus de 3 millions de blessés, de mutilés, d’aveugles, de gazés. Ces chiffres qui donnent le tournis et qui sont sans commune mesure avec les conflits que notre monde avait connu jusque-là.

Car, et c’est la seconde raison qui rend cette période si particulière à nos yeux plus d’un siècle après : avec la 1ère guerre mondiale, nous apercevons véritablement pour la première fois ce que seront les guerres du 20ème siècle : sanglantes avec leurs lots de victimes civiles et plus seulement de soldats, totales avec une mobilisation du front mais aussi de l’arrière ou tout l’appareil productif est tourné vers l’effort de guerre, globale avec des ramifications sur l’ensemble de la planète et plus simplement sur le territoire d’un seul pays ou même d’un seul continent.

Alors que nous célébrions cette année le centième anniversaire de la terrible bataille de Verdun, nous avons tous en tête aujourd’hui cette formule de Schopenhauer :                 « L’Histoire est pour un Peuple ce que la Conscience est pour un Homme. Un Peuple qui oublie son histoire est comme un Homme qui perd sa conscience ».

Voilà en une phrase résumée tout le sens de ces commémorations : le souvenir qui se mue en une vision et une volonté commune. Celle d’abord de la transmission d’une mémoire, ce fil qui relie les générations entre elles et cimente une nation – je suis à ce titre particulièrement fiers que nous puissions compter à Fontainebleau, sur une implication importante de nos élèves de collège et lycée à travers les lectures de deux textes forts tout à l’heure mais aussi à travers la prestation de nos jeunes et talentueux musiciens.

Une vision et une volonté commune d’affronter l’avenir avec détermination, dignité et lucidité également. Un siècle après la Grande Guerre, le contexte est bien évidemment radicalement différent : les impérialismes conquérants des grandes puissances européennes qui ont déchiré notre continent au cours de la première moitié du 20ème siècle n’existent plus. L’Europe occidentale n’a plus connu la guerre sur son sol depuis plusieurs décennies.

Oserait-on en conclure que les menaces n’existent plus ? Bien évidemment non. Et chacun d’entre nous garde en tête ce que nous avons vécu il y a tout juste un an, à Paris, si près d’ici.

Nous sommes face à un nouvel ennemi, une nouvelle menace. Diffuse, protéiforme, souvent insaisissable. Faible dans ses moyens d’actions – si l’on la compare aux armées conventionnelles – mais redoutable dans sa capacité à frapper les esprits, à nous saisir d’effroi et par là, à tenter de nous diviser.

Face à cette menace, la réponse, c’est la République, c’est la Nation et ses valeurs. Notre arme ce sont aussi, je tiens à leur rendre hommage, ces hommes et ces femmes qui ont fait le choix de mettre leur vie en jeu pour nous protéger : armée, police, gendarmerie… Nous savons ce que nous leur devons, nous mesurons le prix qu’ils paient parfois, trop souvent, pour assurer notre sécurité. J’ai aujourd’hui une pensée pour nos soldats tués sur les différents champs d’opération dont le dernier en date il y a tout juste une semaine, sous-officier du 515e régiment du train de la Braconne, tombé au Mali le 5 novembre 2016.

Une pensée également pour nos forces de Police et Gendarmerie qui font leur métier aujourd’hui dans des conditions extrêmement difficiles sans toujours bénéficier de toute la reconnaissance qu’elles mériteraient.
S’il est un enseignement que nous devons tirer de la première guerre mondiale, alors même que près d’un siècle s’est écoulé depuis, c’est précisément le fait que notre vieux continent, s’il est fragmenté, s’il est morcelé par les égoïsmes nationaux, s’il succombe à la tentation du repli sur soi, alors il court un grand danger.

La grande idée d’une unification des États Européen, qui a commencé à poindre au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, même s’il a fallu attendre plusieurs décennies pour qu’elle se concrétise, cette grande idée d’une Europe unie est aujourd’hui mise à mal, en panne, incapable de trouver une réponse aux nouveaux défis de ce siècle. Mais ne nous y trompons pas, malgré ses carences, ses insuffisances, c’est bien dans le renforcement de nos liens entre nations européennes que nous trouverons les réponses à ces défis.

Dans une période difficile, troublée, il est à mon avis indispensable et urgent de donner à ce projet européen – qui nous a apporté la paix – un nouvel élan. Ce serait, je crois, une belle façon de rendre hommage, au-delà des discours et des cérémonies, à toutes les victimes des conflits passés, à tous ceux qui sont morts après s’être battus avec une idée en tête : qu’à la guerre succéderait la paix, qu’au choc des armes succéderait la concorde entre les hommes…
Soyons à la hauteur de leur sacrifice.

Je vous remercie de votre attention.

Migrants : dernières nouvelles

Chers Bellifontains,

Conformément à mon engagement de vous transmettre au fur et à mesure les informations dont je dispose sur cette affaire, voici un 3eme message pour vous donner quelques nouvelles sur l’ouverture prochaine d’un centre d’hébergement temporaire pour migrants à Fontainebleau et sur les conditions de leur installation.

À ma demande, je me suis rendu avec ma 1ère adjointe, Caroline Philippe, à la caserne Damesne où nous avons pu rencontrer les services de l’État (M. le Sous-Préfet et M. le Directeur Départemental de la Cohésion Sociale) et surtout les équipes de la Croix-Rouge, qui, comme je vous l’annonçais il y a quelques jours, ont été chargées par l’Etat de la gestion du site.

D’une manière générale, les personnes de la Croix-Rouge que j’ai pu rencontrer m’ont fait bonne impression. Ce sont visiblement des personnes d’expérience, avec une approche à la fois humaine et réaliste, tout à fait en capacité d’assurer le bon fonctionnement de ce site au quotidien.

Sur les conditions d’occupation : toute la caserne ne sera pas occupée, seuls trois bâtiments annexes le seront. Le périmètre sera délimité de manière à ce que le reste de la caserne ne soit pas accessible. C’est une entreprise de restauration collective qui livrera tous les jours des repas.

Sur les conditions d’entrées et de sorties, elles seront visiblement strictes. La Croix-Rouge est en train d’installer des portiques d’entrée et de sortie pour filtrer et contrôler les allées et venues. Sauf autorisation expresse, il nous a été dit que seules les personnes accueillies auront le droit de pénétrer dans l’enceinte du centre d’hébergement (contrôle vidéo à l’entrée, carte d’accès).

Ce centre n’est bien sûr pas un centre de rétention, donc les allées et venues seront libres, mais la Croix-Rouge veillera à ce que des règles de vie commune soient respectées, par exemple l’interdiction d’accès aux autres bâtiments de la caserne Damesne ou l’interdiction d’absences longues pour les personnes hébergées au risque d’une exclusion du centre d’hébergement ce qui mettrait aussi fin à l’accompagnement et la prise en charge qui seront proposés à chacun par les services de la Croix-Rouge. G En permanence, aussi bien la nuit que le jour, des personnels de la Croix-Rouge seront présents sur le site.

Concernant le type de personnes qui seront accueillies, il devrait s’agir très majoritairement de personnes isolées, hommes ou femmes, plutôt que des familles. Il faut rappeler que ces personnes, normalement, ne devraient pas venir directement de Calais mais plutôt de l’évacuation de campements sauvages parisiens.

Je veux également rappeler que tous les coûts engendrés par l’ouverture et le fonctionnement quotidien de ce centre sont entièrement pris en charge par l’État, et non par la Ville. De la même manière, contrairement à certaines rumeurs, la Ville ne touchera pas un seul euro dans le cadre de cet accueil.

Il faut redire que l’ouverture de ce centre pour un an est une décision de l’Etat, dans des locaux qui lui appartiennent, et que c’est lui qui rémunère la Croix-Rouge pour le travail d’accueil et d’accompagnement.

Je rappelle aussi que dès lors que les personnes accueillies s’engagent dans une démarche de demande d’asile, elles ont droit à des aides de première nécessité de la part de l’État. En revanche, contrairement à ce qui peut se dire parfois, tant que leur statut administratif nest pas clarifié, elles ne peuvent bénéficier ni du RSA, ni de l’aide au logement, ni des allocations familiales, ni du droit à un logement social.

Depuis plusieurs semaines, de nombreux bellifontains m’ont fait part de leur souhait de s’investir pour proposer leur aide et contribuer à ce que cette installation se passe pour le mieux. Je veux les en remercier.

Si la Croix-Rouge n’a pour le moment pas exprimé de besoins spécifiques, ils ont pris bonne note de cette proposition. Lorsque ce centre sera en fonctionnement, nous pourrons certainement coordonner toutes ces bonnes volontés. En attendant, vous pouvez m’adresser par mail les demandes à participer à d’éventuelles actions bénévoles, sur mon mail maire@fontainebleau.fr

Ces propositions spontanées sont venues me rassurer sur l’état d’esprit majoritaire des Bellifontains, qui m’ont dit leur souhait que les choses se passent au mieux, dans un état d’esprit de responsabilité et avec humanité. Et ce, quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de la politique du gouvernement en matière de lutte contre l’immigration clandestine, et au-delà des rumeurs, manipulations et fausses informations qui pullulent sur les réseaux sociaux largement relayées par une petite minorité.

Normalement, les premières personnes sont attendues dans le courant de la semaine prochaine. Je n’ai à ce jour connaissance d’aucune date plus précise.

Une fois ce Centre d’hébergement en fonctionnement, je proposerai une réunion publique de manière à répondre à toutes les questions qui légitimement peuvent se poser. D’ici là, n’hésitez pas à m’adresser un mail plutôt que de prêter attention aux manipulations en tous genres.

Une fois de plus, face à l’agitation de ceux dont le fond de commerce est d’agiter les peurs, de faire de ces personnes des boucs-émissaires et de monter les uns contre les autres, ce qui se joue à Fontainebleau ce n’est pas de régler les désordres du Monde ou de pallier les carences des politiques nationales (il y a bientôt des élections pour ça), mais de faire en sorte que l’accueil de 150 migrants, pendant une période annoncée d’un an, se passe le mieux possible.

Comptez sur moi pour rester vigilant et attentif sur ce dossier, sans naïveté mais avec humanité. Je continuerai à vous informer de manière transparente et régulière.

Bien a vous,

Frédéric Valletoux

Migrants : se montrer à la hauteur des enjeux

Mis en avant

Chers amis,

Le 22 septembre, je vous informais de la décision prise par le Préfet de la région Ile-de-France d’installer à Fontainebleau une structure d’hébergement provisoire destinée à accueillir des demandeurs d’asile. J’avais aussi indiqué que, s’agissant d’une compétence régalienne, l’État avait pris cette décision seul et aurait pu tout à fait agir sans en informer la Ville. Placé devant le fait accompli, j’ai immédiatement saisi le Préfet de Région pour entamer avec lui un dialogue ouvert et transparent, afin de trouver les solutions les moins préjudiciables possibles.

Sans disposer encore d’informations précises sur le délais de mise en oeuvre de tout cela, j’ai réussi à obtenir de la part des autorités de l’Etat un certain nombre de garanties : D’une part, sur le caractère provisoire et temporaire de cet accueil à Fontainebleau. Ainsi, il m’a été confirmé qu’en aucun cas Fontainebleau n’hébergerait de site permanent voué à l’accueil de migrants. D’autre part, sur la gestion quotidienne de ce centre d’hébergement, j’ai obtenu de l’État un encadrement permanent par une structure professionnelle, spécialisée, et qui a déjà l’expérience nécessaire. C’est la Croix Rouge qui assurera ce rôle.

In fine, fort de ces garanties, je peux envisager plus sereinement l’utilisation de la caserne Damesne. En effet, j’ai pris acte dans le même temps de la volonté de l’État de vendre cette caserne le plus vite possible. J’en veux pour preuve le lancement il y a quelques semaines de la procédure de vente par le service des domaines.

Sur le fond, chacun est libre de ses opinions concernant l’accueil de ces populations. Je comprends parfaitement que l’installation d’une structure d’hébergement, même provisoire, puisse susciter chez certains des interrogations, des doutes ou des craintes.

Néanmoins, je veux rappeler que sur cette question un certain nombre de devoirs s’imposent à nous en tant que citoyens et s’imposent à moi en tant que maire et élu de la République :

Devoir d’humanité et de charité vis-à-vis d’hommes, de femmes, et parfois d’enfants fuyant pour certains la guerre et la barbarie et qu’on ne peut laisser sans aucune assistance.

Devoir de solidarité vis-à-vis d’autres communes en Ile-de-France qui font face à un afflux trop important de ces populations, voire à l’installation de campements sauvages.

Devoir de responsabilité, enfin, car la France est signataire de conventions internationales encadrant l’exercice et les procédures du droit d’asile auxquelles nous ne pouvons nous soustraire.

Ceci étant dit, si nous devons nous montrer dignes, humains et responsables, cela ne saurait pour autant être synonyme d’angélisme ou de naïveté. Il est par exemple impératif que les services de l’État engagent au plus vite, et avec célérité, le suivi administratif de toutes les personnes qui vont être hébergées à Fontainebleau. Il est impératif aussi que l’ensemble des services de l’Etat (sociaux, de sécurité…) soient mobilisés pour que tout se passe bien.

Je souhaite que chacun se montre digne de la situation et fasse preuve de responsabilité et d’humanité pour refuser toutes les provocations et attitudes inappropriées. L’outrance ou la désinformation, qu’elles soient assumées ou involontaires, ne peuvent que déboucher sur des tensions inutiles.

Je suis persuadé que nous saurons ensemble relever ce défi avec sérénité, coeur et honneur.”

FrédéricValletoux

FREDERIC VALLETOUX REELU A LA PRESIDENCE DE LA FEDERATION HOSPITALIERE DE FRANCE

COMMUNIQUE DE PRESSE – 28 Septembre 2016

Le conseil d’administration de la Fédération hospitalière de France (FHF) a réélu ce matin le président sortant, Frédéric Valletoux, à la tête de la Fédération et ce pour un mandat de trois ans. Frédéric Valletoux entend continuer à porter haut et fort la voix de l’hôpital public et des établissements médico-sociaux dans un esprit de rassemblement et de dépassement des clivages.

Le président sortant a été élu contre le neurologue Olivier Véran dont il a salué l’engagement en faveur du service public de santé.

Agé de 50 ans, Frédéric Valletoux est ancien journaliste, maire « Les Républicains » de Fontainebleau, conseiller régional d’Ile-de-France et président du conseil de surveillance de son l’hôpital..

Pour mener à bien son nouveau mandat de président de la FHF, Frédéric Valletoux a indiqué qu’on pouvait compter sur son engagement fort et a rappelé ses nombreuses prises de position (pour défendre la fin de la convergence tarifaire, une plus forte régulation de l’installation des médecins ou encore pour réintroduire dans la loi l’existence d’un service public un et indivisible).

Une présidence sous le signe de l’ouverture

Le projet porté par Frédéric Valletoux pour son nouveau mandat s’inscrit dans le droit fil des chantiers déjà menés et, surtout, dans une posture d’ouverture. « L’ouverture de nos travaux a été et va continuer à être la marque de ma présidence. Cette ouverture résolue s’adresse aux médecins, au secteur médico-social, aux soignants, au secteur de la santé mentale, aux représentants des usagers. Elle est aussi dans la gouvernance de notre fédération que je souhaite rassemblée et indépendante à la fois », a-t-il indiqué.

Susciter la confiance

Sens et confiance sont deux mots clés de la nouvelle présidence de la FHF. « L’hôpital est aujourd’hui fragilisé, je souhaite qu’on le redonne du sens aux réformes et afficher une vision offensive de ce qui est l’essence du service public hospitalier et de ce qu’il apporte à nos concitoyens. Cela ne peut se faire sans faire le choix d’une confiance forte dans les professionnels de santé, capables d’une belle inventivité, d’une énergie qu’il s’agit d’apprécier à sa juste valeur et de libérer ».

Parmi les priorités avancées dans sa profession de foi : la proximité territoriale (en métropole et en outremer) et l’accès aux soins, la recherche et l’innovation ainsi que l’investissement. L’objectif est de surprendre les interlocuteurs de la FHF quant à la capacité de cette dernière à proposer des solutions pour adapter aux défis de demain les quelque 1 000 établissements publics de santé et 3 8000 établissements médico-sociaux qu’elle représente.

Discours du 14 juillet 2016

Retrouvez ci-dessous le texte de mon intervention du 13 juillet, à l’occasion des festivités de la Fête nationale à Fontainebleau. Bien évidemment, j’ignorais alors que dès le lendemain, la barbarie et la haine frapperaient de nouveau notre pays…

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Monsieur le Sous-Préfet,
Mesdames et Messieurs les maires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Madame la Présidente du TGI de Fontainebleau,
Mesdames et Messieurs les officiers,

La République, avec ses valeurs, ses symboles, ses institutions est un bien commun pour tous les Français sans distinction d’origine familiale ou de condition sociale. Et la communauté nationale se retrouve pour reconnaître dans ces festivités du 14 Juillet, jour de la Fete Nationale, l’un des ciments du Pacte républicain.

Cela fait 136 ans, depuis 1880 très exactement, que le 14 juillet a été choisi pour être le jour de la fête nationale. Ce jour là, nous célébrons avant tout l’unité nationale autour des valeurs et des emblèmes de la République : le drapeau bleu, blanc, rouge ; notre hymne national, La Marseillaise ; une devise constituée de 3 mots, 3 concepts fondateurs – Liberté, Égalité, Fraternité ; mais aussi le lien sacré entre l’Armée et la Nation. La Nation, ce vouloir vivre-ensemble, c’est-à-dire cette conviction que nous avons à la fois un héritage partagé mais également une communauté de destin.

Or, cette année, ces célébrations prennent un accent un peu particulier. En effet, rarement dans notre histoire récente, ressentons-nous de manière aussi vive qu’aujourd’hui, le besoin de défendre ces deux piliers de notre pays – la République et la Nation – qui sont confrontés à des défis et des menaces inédites.
Je n’ai pas besoin ici de vous rappeler le contexte dans lequel nous vivons. Les attentats barbares de l’année 2015 sont venus nous rappeler avec brutalité à quel point ce que nous considérions hier encore comme acquis, est fragile et précieux.

L’objectif que poursuivent les ennemis de la France est simple : détruire la Nation, saper son unité, en s’attaquant à ses symboles, à ses institutions, au ciment même sur lequel nous avons, génération après génération, bâti ce pays. L’égalité Républicaine, l’État de Droit, la laïcité, les libertés individuelles, comme la liberté d’expression, la liberté de culte, l’égalité homme-femme…

A cette menace, à ces attaques, nous devons répondre sans concession, sans céder un centimètre de terrain à l’obscurantisme, à toutes les formes de totalitarisme. Mais nous répondrons en restant fidèles à nos valeurs et à notre histoire. Nous répondrons avec nos armes : le droit contre la violence aveugle, la justice contre l’arbitraire, la solidarité face à la haine de l’autre, l’unité face aux tentations du communautarisme et d’exclusion.

La France est forte et la République est solide. Chaque crise, on le voit, est ainsi l’occasion d’un mouvement massif et spontané de réaffirmation d’attachement à nos valeurs. Nous le voyons bien avec l’augmentation très importante depuis l’année dernière de jeunes qui ont souhaité s’engager pour défendre leur pays. En 2015, 170 000 jeunes ont poussé la porte d’un centre de recrutement, 50 000 de plus que l’année précédente. C’est la preuve que notre Nation est avant tout riche des hommes et des femmes qui la composent et qui sont prêt à s’impliquer personnellement pour la défendre.

En ce jour du 14 juillet, je tiens particulièrement à profiter de l’occasion qui m’est donnée de prendre la parole devant vous tous – M. le Sous-Préfet, représentant l’Etat, Mesdames, Messieurs les autorités civiles et militaires, Mesdames, Messieurs les Maires et élus du Territoire – pour, en notre nom à tous, rendre un hommage tout particulier à l’ensemble des forces de sécurité et de secours. Forces armées, pompiers, police, gendarmerie, SAMU, urgentistes dont certains corps sont représentés aujourd’hui dans le défilé militaire.

C’est lorsque nous sommes attaqués, lorsque notre pays est en difficulté, confronté à une attaque terroriste ou à un épisode climatique extrême comme nous venons de le vivre, que nous réalisons pleinement le rôle absolument indispensable que jouent ces hommes et ces femmes.

Et c’est précisément parce qu’ils jouent ce rôle essentiel qu’ils sont parfois eux-mêmes pris pour cibles et menacés. Menacés et pris pour cible, uniquement parce qu’ils sont ce qu’ils sont, c’est-à-dire des agents du service public, des héros anonymes du quotidien, engagés pour défendre la France, pour protéger les Français, pour venir en aide aux personnes en danger, pour sauver des vies.

Sauver des vies, venir en aide à la population et aux personnes en situation de détresse, il en a également été très largement question il y un peu plus d’un mois, au moment où plusieurs départements, dont la Seine-et-Marne, ont été durement touchés par des inondations importantes qui ont fait énormément de dégâts matériels et plusieurs victimes.

L’ensemble des services du SDIS ont, en l’espace de quelques jours, répondu à 4.500 alertes, ce qui a nécessité au plus fort de la crise la présence dans les communes touchées de sud Seine-et-Marne, plus de 300 pompiers mobilisés simultanément.

4.000 personnes à évacuer, des sauvetages à effectuer avec l’aide notamment des hélicoptères de la Sécurité Civile et des bénévoles de la Protection Civile ; une coordination importante entre les différents services départementaux avec des renforts issus des SDIS de plusieurs départements, de la BSPP (pompiers de paris) et des UIISC (Unité de la sécurité civile basée à Nogent le Rotrou et de Brignolles) ; une participation fortes des différentes unités spécialisées : plongeurs spécialisés dans le sauvetage nautique, Unité chimique, la reconnaissance aérienne ; sans oublier les personnels administratifs et techniques qui ont participé aux opérations à travers le soutien logistique, mécanique, alimentaire et en salle de crise.

Encore une fois, il me semblait important de citer ces quelques éléments qui donnent un aperçu de l’ampleur de l’effort qui a pu être mobilisé pendant ces quelques jours de crises liées aux inondations.

C’est aussi pour leur rendre hommage que j’ai souhaité inviter les maires des communes du territoire à être parmi nous aujourd’hui.
Vous m’autoriserez, Mesdames et Messieurs les Maire, à parler en notre nom à tous pour remercier l’ensemble des forces de sécurité et de secours qui ont été à pied d’œuvre pendant ces quelques jours difficiles. Vous qui, dans les communes inondées, avez été aussi en première ligne de l’aide à vos concitoyens, vous mesurez mieux que quiconque l’apport essentiel des forces de sécurité dans les moments de crise et de détresse.

La République s’incarne par les hommes et les femmes qui constituent ses Institutions : la Police, l’Armée, les Pompiers, les Elus, et plus largement tous ceux qui travaillent tous les jours au service de l’intérêt général… Que ce jour de Fête Nationale soit l’occasion pour nous de leur rendre hommage et de les remercier.
Vive la République, Vive la France et Vive l’Europe.

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Budget 2016 : le Pays de Fontainebleau poursuit son effort d’investissement

Le conseil communautaire a débattu mardi 19 janvier le budget de la Communauté de Communes du Pays de Fontainebleau. Il a été adopté avec une très large majorité : 33 voix pour, 5 contre et aucune abstention.

Ce budget 2016 est un budget de transition. Il succède à une année d’investissements particulièrement forte et de rigueur accrue sur la gestion du fonctionnement, et précède d’importants changements pour notre Communauté de Communes qui fusionnera au 1er janvier 2017 avec 4 autres intercommunalités.

Compte tenu des enjeux et de l’importance prise par la Communauté de communes ces dernières années, il me semble utile de clarifier les grandes lignes… et de rétablir quelques vérités !

Le montant total du budget 2016 s’élève à 28M€, répartis en 20M€ de dépenses de fonctionnement et près de 8M€ de dépenses d’investissement.

Concernant les dépenses de fonctionnement (qui englobent le fonctionnement des structures sportives, les déchets ménagers, les transports urbains, l’eau et l’assainissement, ainsi que le fonctionnement administratif de la CCPF), je veux revenir sur la question des charges du personnel, qui vont augmenter de 1 M€ en 2015 à 1,2 M€ en 2016.

La Communauté de Communes avait opéré en 2015 dans le cadre d’un budget en fonctionnement de rigueur. Les équipes ont été rationalisées autant que possible, mais ce système a des limites : ce sont des équipes qui souffrent quand elles sont en sous-effectifs, ce sont des usagers qui sont mécontents lorsque le service public n’est pas de qualité. Il fallait donc renforcer les équipes afin d’assurer une continuité et une qualité du service public. Ainsi, nous faisons le choix de créer au total un poste sur les services administratifs, et un autre d’agent d’entretien pour renforcer l’équipe affectée au stade Philippe-Mahut dans la perspective de l’ouverture du nouveau bâtiment vestiaires-tribune. Rappelons que ce bâtiment nouveau, c’est 900 m² à destination des scolaires et de l’activité des clubs, fonctionnant sept jours sur sept. Un choix que j’assume pleinement.

Pour financer cela, pas de hausse d’impôts en 2016, mais des efforts de gestion. En 2015, ces efforts de gestion ont déjà porté leurs fruits puisqu’en 2016 nous constatons une hausse de l’autofinancement.

Concernant les dépenses d’investissement, le budget prévoit comme principales opérations la finalisation des travaux du stade Philippe-Mahut, la réfection et la couverture des terrains de tennis de Bourron-Marlotte (800 K€), l’extension de la base nautique de la Magdeleine (1,7 M€) et la relocalisation de l’accueil touristique (350 K€).

Au 1er janvier 2015, la CCPF présentait un niveau de dette de 22,6 M€, représentant en théorie 655 € par habitant. Mais en pratique, si l’on isole de cette dette un montant de 40% correspondant en réalité à de l’investissement pour l’eau et l’assainissement (investissements qui ont leur propre mode de financement, par le prix de l’eau notamment), le montant de 60% restant correspond à une dette de 393 €/habitant.

Par ailleurs, si l’on met cette dette de 22,6 M€ en regard du volume d’investissement qui est de plus de 90 M€ entre 2004 et 2014, on se rend compte que la CCPF a eu un recours soutenu à l’autofinancement sur cette période, ce qui est naturellement signe de sa solidité financière.

Cette dette correspond donc à un niveau significatif d’investissements portés par la CCPF, ce qui est signe d’une intercommunalité dynamique, qui avance et qui se projette dans l’avenir.

Frédéric Valletoux

Attentats de Paris, appel au recueillement

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Une nouvelle fois, la France a été touchée hier soir par le terrorisme, avec une violence et une barbarie inédites. Une nouvelle fois, ce drame nous interpelle tous et doit nous mobiliser.

Je tiens à exprimer, au nom de la Ville de Fontainebleau, toute notre peine et notre solidarité avec les victimes et leurs proches.

Avec l’équipe municipale, nous avions envisagé d’organiser avec la population un temps de recueillement pour nous associer au deuil national décrété pour 3 jours. L’Etat ayant légitimement décidé, pour des raisons de sécurité, d’interdire toutes les manifestations et rassemblements sur la voie publique en Ile-de-France, d’aujourd’hui jusqu’à jeudi prochain, cette initiative est annulée.

Exprimons néanmoins notre deuil et notre solidarité en posant ce soir des bougies sur le bord de nos fenêtres. Des bougies seront allumées sur les balcons de l’Hôtel de Ville à partir de 18h.

Dans l’épreuve, montrons que nous restons unis et attachés à nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité.

Frédéric Valletoux