Discours – Cérémonie de la Fête Nationale – 13 juillet 2019

Madame la Préfète,
Monsieur le Sénateur, Cher Pierre,
Monsieur le Président du Conseil départemental, Cher Patrick,
Madame la Présidente du Tribunal de Grande Instance,
Monsieur le Procureur de la République,
Mesdames et Messieurs les maires et élus,
Mesdames et Messieurs les Officiers et représentants des forces armées,
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,
Mesdames et Messieurs les anciens combattants et portes drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

Dans l’exercice de mon mandat de maire, ces cérémonies de la Fête Nationale constituent pour moi un des moments les plus importants mais aussi les plus intenses.

D’abord, parce que Fontainebleau a le privilège rare d’ouvrir ces cérémonies par un défilé militaire. Un défilé que nous avons nous-même, avec mon équipe municipale, souhaité remettre au goût du jour, il y a maintenant quelques années. Il y a à Fontainebleau une tradition du défilé militaire, une tradition très ancienne dans cette ville qui depuis des siècles est ville de garnison, mais une tradition qui avait disparu dans les années 90, avec la dissolution ou le départ de plusieurs unités.

Ce défilé est aussi important car, du fait de la présence comme chaque année de militaires de la Bundeswehr, il vient symboliser la dimension profondément européenne de notre Ville. De la même manière, cette Marseillaise chantée par les jeunes américaines des Ecoles d’art américaines est une autre tradition de nos cérémonies.

Merci de leur présence, et grâce à eux, Fontainebleau, l’une des capitales historiques de notre pays, ville dont l’ADN est à ce point européen, est aussi une ville tournée vers le monde, accueillante et tolérante, ouverte à toutes ces cultures qui viennent nous enrichir. Merci au aux musiciens de l’Union musicale de Fontainebleau, et a tous ceux qui ont permis d’organiser cette cérémonie.

Les militaires qui défileront dans quelques instants, nous font l’honneur de leur présence. Mais c’est surtout l’occasion, pour nous, d’honorer leur engagement au service de la Nation.

Merci aux femmes et aux hommes de l’École de Gendarmerie de Fontainebleau, du Centre National des Sports de la Défense, du Groupement du Commandement Allemand en France, du régiment de cavalerie de la Garde républicaine, ainsi qu’aux Sapeurs-Pompiers du Centre d’incendie et de secours de Fontainebleau.

Nous célébrons le 14 juillet, la Fête Nationale, mais que célébrons-nous réellement ?

Des symboles d’abord et avant tout. D’abord, le symbole celui de la prise de la Bastille de 1789, et de ce jour où un peuple décide de devenir acteur de son propre destin politique. Un autre symbole, celui de la Fête de la Fédération de 1790, lorsque, dans un climat d’union nationale, le roi Louis XVI prête serment à la Nation.

Puis, la République est proclamée, c’est-à-dire que le peuple s’approprie la chose publique et se dote d’institutions progressivement démocratiques. Pour l’affirmer et l’incarner, notre Nation fait sienne la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » et la grave sur les frontons des bâtiments publics.

La Fête nationale c’est donc fêter des symboles, mais des symboles bien vivants ! Votre présence nombreuse le démontre : il est essentiel de toujours rester mobilisés et unis pour faire vivre ses valeurs, celles de la Révolution, devenues ensuite celles de la Nation toute entière.

Aujourd’hui, tous les principes qui découlent de ces valeurs fondent la philosophie qui nous rassemble : les Droits de l’Homme et du Citoyen, la liberté de la presse, la liberté d’association, l’école obligatoire et gratuite, la séparation des Églises et de l’État, la laicité, la liberté syndicale, le suffrage universel…

Ces principes fondent le quotidien de notre Nation : nous ne vivons pas en clans, en communautés, mais nous faisons le choix de nous rassembler sous ces valeurs universelles et supérieures à nos croyances et intérêts particuliers.

Il nous faut nous rappeler combien ce pacte est précieux. Aussi précieux que l’air que nous respirons. Comme l’oxygène, c’est quand il se raréfie que l’on prend pleinement conscience de l’infini valeur de notre Pacte républicain.

En ces temps où l’intolérance et diverses formes d’intégrismes veulent mettre à mal ces valeurs, la fête nationale du 14 juillet est un moment de citoyenneté pour redire notre attachement à la République.

Parce que rien n’est jamais totalement acquis, nous nous rassemblons pour le réaffirmer. Nos fêtes nationales, toutes les commémorations du Souvenir, sont essentielles à la vie de la Nation, et plus particulièrement à la formation des citoyens. C’est pour cela que je suis toujours très sensible à la présence de jeunes dans le public. Je tiens notamment à saluer la présence de jeunes élus représentant le CMJ, ainsi que de jeunes Sapeurs Pompiers.

Avant de conclure et de laisser place au défilé, je veux rappeler que le 14 juillet est avant tout une fête !

Partout en France, des feux d’artifices, des fêtes de village. Nous fêtons la République !

La République est une éthique, un certain vivre ensemble, une volonté de partager des règles communes, de s’y retrouver, s’y reconnaître, s’y raccrocher lorsque nécessaire.

La République est une exigence, oui, mais de belles valeurs comme la Liberté et l’Égalité doivent se fêter. Et le faire ensemble fait vivre la Fraternité !

Vive Fontainebleau,
Vive la République,
Vive la France !

Discours – 75 ème anniversaire de l’assassinat de Georges Mandel en forêt de Fontainebleau (7 juillet 2019)

Je veux tout d’abord vous remercier tous d’être là aujourd’hui. Toutes les personnalités que j’ai citées, toutes les organisations dont j’ai rappelé la présence, ceux qui parfois sont venus de loin parce qu’ils tenaient à ce jour.

Ces remerciements ne sont pas de pure convenance. Ces remerciements viennent du cœur et sont à mes yeux d’autant plus justifiés et sincères qu’ils font apparaître en relief le petit nombre que nous sommes ce matin.

N’ayons pas peur des mots. Nous sommes un petit nombre, nous sommes même un trop petit nombre. Sa famille bien sûr, un sous-préfet, un maire, l’un de ses biographes, fut-il le plus talentueux…, ensemble, soyons lucides, ne formons-nous pas un bien modeste attelage, de biens maigres troupes, pour un si grand homme, pour un si grand destin ?

Célébrons-nous un héros local ? Célébrons-nous un anonyme, fut-il brave, héros ou martyr, comme ces otages, fusillés de la Plaine de Chanfroy, dont nous commémorons chaque année l’exécution à quelques kilomètres d’ici, en plein forêt de Fontainebleau ?

Nous sommes là certes. Mais est-ce bien là le juste hommage que notre République et ses institutions, que notre Nation dans son ensemble, devrait rendre à Georges Mandel ?

Est-ce la marque du juste hommage que la France devrait rendre à ce qu’il fut, à ce que fut son parcours politique, parlementaire et ministériel, à ce qu’il représenta, lui qui, d’un côté, fut honni, vomi même, par le régime de Vichy et tous les zélés suppôts du régime nazi, et de l’autre, symbolise l’esprit de résistance ?
Georges Mandel n’est-il pas à tout jamais « le Premier résistant de France » comme n’a cessé après la Guerre de le répéter Léon Blum, celui qui fut pendant 14 mois enfermé dans la même prison que Georges Mandel, celui qui aurait pu être choisi pour être tué à sa place lorsqu’il a fallu choisir une victime qui fut en même temps un symbole, en représailles de l’assassinat du vichyste Philippe Henriot par la Résistance ?

Cher Jean-Noel Jeanneney, à qui je voudrais redire à quel point je suis très sensible et touché par sa présence ce matin, vous écriviez en 1991 qu’« un demi siècle après sa mort encore, la mémoire de Mandel n’a pas laissé beaucoup de traces ». Si vous deviez reprendre aujourd’hui ce paragraphe des dernières pages de votre ouvrage, sans doute votre plume serait-elle plus dure encore, constatant que 25 années après, pour ce 75ème anniversaire de son assassinat, la République n’a pas plus ouvert les yeux sur l’apport de Georges Mandel, la force de son parcours et, au final, la trace qu’il a laissé.

Faudra t-il attendre le centenaire de ce lâche assassinat pour qu’un Hommage national soit rendu à cet homme-là ? Quelle date anniversaire faut-il attendre pour qu’au plus haute de notre République, les représentants des institutions qu’il a servi, qu’elles soient de l’Etat ou du Parlement, viennent ici, fouler l’herbe où il est mort, pour dire avec leurs mots ce que la France doit à Georges Mandel.
Un homme, nous le savons, qui, s’il a été jugé comme ayant manqué d’à-propos, de réactivité ou de sens de la manœuvre pendant les heures folles de mai-juin 1940, n’en reste pas moins le plus lucide de nos responsables politiques tout au long des années 30 sur cette inéluctable guerre avec l’Allemagne nazie qu’il voyait poindre.

Il restera aussi pour toujours comme l’un des plus engagés dans l’idée d’alliance avec l’Angleterre. Il restera comme celui qui, avant le gaullisme, fera souffler l’esprit de résistance au nom de son amour de sa patrie, mais aussi de son attachement féroce aux valeurs de cette République qu’il a tant servie et qu’il vénérait.
Ici, là ou nous nous dressons, c’est un homme qui a été lachement assassiné, mais c’est surtout un symbole. « La milice, expliqua Jacques Chirac en 1985, assassina l’homme qu’elle considérait comme le symbole le plus éclatant de la France qui dit non à l’abjection. »

Son parcours a été rappelé. Georges Mandel était un visionnaire, un réformiste, à l’esprit moderniste, très intéressé par la technologie. Il deviendra ministre, notamment des PTT, et fera d’une modeste administration technique un grand service public.

Georges Mandel a aussi été le premier parlementaire à comprendre le projet fondamental du nazisme, le premier à prévoir que Hitler préparait son pays à une guerre contre l’Europe. Dès novembre 1933, dans un discours, qui avec le recul de l’Histoire est impressionnant de lucidité, il alerte la Chambre des députés et l’opinion. La classe politique restera sceptique et la France passive.
Il faut lire, mais ici beaucoup les connaissent les pages que consacre le général de Gaulle dans ses Mémoires à ces jours de juin 1940 et à Georges Mandel. C’est Georges Mandel qui, lui disant « Vous aurez de grands devoirs à remplir », l’a envoyé le 14 juin 1940 représenter la France libre à Londres… Trois jours après, Mandel était arrêté une première fois, au moment même où Pétain constitue son gouvernement. Quatre jours après, c’est l’appel du 18 juin !

Prison, déportation, prison. Quatre ans de captivité. Jusqu’à ce 7 juillet 1944 où il est livré à la Milice et emmené en forêt de Fontainebleau. On est à quelques jours, quelques semaines de la fin de la guerre. Georges Mandel est assassiné, ici, une rafale de pistolet-mitrailleur, dans le dos, puis de deux balles dans la tête.
Permettez-moi de m’adresser aux plus jeunes. Vous l’avez bien compris : nous célébrons un homme a été assassiné ici, juste ici. Assassiné par qui ? Il a été tué par des Français, certes par des « ennemis de la France », comme l’indique la stèle devant laquelle nous sommes. Mais la mention est ambiguë, et c’est sans doute regrettable. Ces ennemis de la France n’étaient pas des soldats du régime nazis. Ils étaient des Français engagés au service de ce régime ennemi.

Au-delà, vous ne devez jamais oublier que l’ennemi, c’est l’intolérance et la haine. La République n’est jamais à l’abri. Faire vivre le souvenir c’est, en conscience, renouveler le pacte républicain et en faire vivre ses valeurs. Vous voyez autour de vous aujourd’hui des portes drapeaux. C’est à ceux qui ont servi ces drapeaux que nous devons tous, notre liberté.

Que vive la mémoire de Georges Mandel,
Que vive à tout jamais la mémoire des héros de cette guerre contre le nazisme,
Que vive à jamais les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité,

Vive la République, Vive la France.

Communiqué de presse : Approbation des acomptes administratifs 2018

L’approbation des comptes administratifs 2018 confirme
une gestion saine et rigoureuse dans la durée.

Lors de la séance du conseil municipal le lundi 27 mai 2019, à l’occasion du vote des comptes administratifs 2018, le débat a permis de mettre en avant la bonne santé financière de la Ville de Fontainebleau.

Au-delà de la seule analyse de l’année 2018, ces comptes administratifs révèlent à nouveau l’extrême rigueur avec laquelle est géré le budget de Fontainebleau.

En effet, en dix ans, les dépenses de fonctionnement ont évolué de seulement 0,39%, passant de 20,408M€ (budget 2008) à 20,487M€ (budget 2018).

La masse salariale, premier poste des dépenses de fonctionnement, est également stabilisée, ne progressant en 10 ans que de 0,9% à Fontainebleau, là où la moyenne nationale est une augmentation de 15% !

Quant aux dépenses à caractère général (les « charges courantes »), elles sont en baisse ! En effet, elles passent de 6,8M€ en 2008 à 5,9M€ en 2018, soit une diminution de 9,9%.

Au cours des 10 dernières années, le niveau de l’épargne brute (c’est à dire ce que la Ville dégage comme épargne), hors cessions immobilières, est toujours resté stable, à un niveau moyen de 1,5M€ par an. Là encore, constatée sur une période longue, la performance démontre la constante rigueur dans la gestion budgétaire.

Surtout, cet effort sur le fonctionnement a permis de dégager des marges de manoeuvre conséquentes pour investir. Ainsi, sur l’ensemble du mandat 2014-2020, ce sont plus de 30 millions d’euros qui ont pu être investis pour rénover, embellir et moderniser la ville.

Cette politique d’investissement pour l’’avenir, rendue possible grâce à l’épargne et à l’autofinancement qu’elle permet, l’est aussi par l’emprunt bien sûr. Comme Frédéric Valletoux s’y était engagé il y a 10 ans, le stock de dette a toujours été stabilisé aux environs de 20M€. À Fontainebleau, on n’emprunte pas plus qu’on ne rembourse.

Au gré des conjonctures et surtout des projets, il peut y avoir des écarts d’une année à l’autre sur les lignes comptables, mais la bonne gestion locale doit s’apprécier sur le temps long. Au regard des comptes administratifs 2018 et de la mise en perspective avec les chiffres de 2008, la gestion tout au long de ces années se révèle saine, cohérente et stable.

Elle est le résultat d’une détermination jamais prise en défaut et d’une incontestable rigueur.

Le Grand Parquet conforté dans son rôle et son statut

Oui le stade équestre du Grand Parquet est bien un « service public » et les subventions publiques sont totalement fondées

Dans une décision rendue le 23 avril 2019, la Cour Administrative d’Appel a jugé comme totalement légal le mode de gestion mis en place pour le stade équestre du Grand Parquet depuis une dizaine d’années, confirmant ainsi que sa gestion s’était toujours faite, sous mon mandat et telle que votée par l’ex-Communauté de communes du Pays de Fontainebleau, dans le respect de la loi et du droit administratif.

Il faut rappeler que pour tenter de faire croire que la gestion de cet équipement était illégale, M. Dimitri Bandini, élu de la gauche avonnaise, avait demandé au Tribunal administratif de Melun l’annulation des décisions budgétaires de la Communauté de communes, estimant que le Grand Parquet devait être considéré commune un « Service public industriel et commercial » (EPIC) et donc devait s’équilibrer sans subventions, alors que le site a toujours été géré comme un service public classique, dont l’objet principal est en l’occurrence de participer au rayonnement du territoire.

En décembre 2016, M. Bandini et tous ceux qui ont toujours fait du Grand Parquet un objet de polémiques politiciennes, avaient instrumentalisé auprès des Bellifontains, mais aussi auprès des communes qui s’apprêtaient à rejoindre la nouvelle communauté d’agglomération du Pays de Fontainebleau naissante, un jugement assez surprenant du Tribunal administratif de Melun. Surprenant, ce jugement l’était car il confondait la nature de l’Office du Tourisme (lui-même un EPIC), et l’un des objets dont l’Office avait la gestion, en l’occurrence le site du Grand Parquet.

C’est ce jugement du TA de Melun qui vient d’être totalement contredit, et donc annulé, par la Cour administrative d’Appel de Paris, qui confirme ainsi la légalité de la qualification de service public administratif du Grand Parquet et des subventions qui sont donc normalement versées pour le faire fonctionner.

Cette décision judiciaire est importante. Non seulement elle confirme le bien-fondé de la gestion de ce site essentiel pour le développement économique de notre territoire (350.000 visiteurs par an, plus de 10 millions d’euros de retombées économiques), mais au moment où l’avenir du Grand Parquet est posé, elle lève toute ambiguïté sur la nature de cet équipement. C’est un service public normal et sa dimension d’intérêt général est primordiale. Elle l’est pour une filière, l’Équitation, qui est à la fois le 3ème sport pratique en France et en Ile-de-France, mais aussi une filière économique importante liée aux nombreux clubs, haras, etc…

Participant au rayonnement du territoire et de l’intérêt général, affecté à accueillir des activités sportives, le site du Grand Parquet relève bien de la sphère publique, comme l’est un stade, une piscine, ou un gymnase… Il n’est pas un SPIC géré comme une entreprise et qui relèverait de la sphère marchande.

Heureusement que sous les demandes insistantes de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et de moi-même, mais aussi des quatre cavaliers médaillés d’or à Rio et de la Fédération française d’équitation, la Communauté d’agglomération n’a pas été au bout de son intention de confier la gestion du site à un opérateur privé, en dehors de toute procédure conforme au Code des marchés publics. Le raisonnement juridique qui l’avait amené à imaginer cela était totalement infondé. Nous étions nombreux à le pressentir et le dire. C’est maintenant, depuis le jugement du la CAA de Paris, totalement incontestable.

Frédéric Valletoux
Maire de Fontainebleau
Conseiller régional d’Ile-de-France

Rassemblement pour la Fraternité et la Tolérance – 22 février 2019

Discours de Frédéric VALLETOUX
Maire de Fontainebleau

Monsieur le Sous-Préfet,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Mesdames et Messieurs les maires et élus,
Madame et Messieurs les représentants des cultes,
Chères Bellifontaines, Chers Bellifontains,
Chers amis,

Un jour de semaine, à un horaire auquel beaucoup de gens ne sont pas encore rentrés du travail ou rentrent à peine, ou voudraient commencer le week-end voire partir en vacances, avec seulement 48 heures pour communiquer sur l’organisation de cet événement… Je suis ému de vous voir si nombreux.
Je remercie les représentants des cultes qui ont tout de suite répondu présent à mon appel au rassemblement. Vous venez de les entendre, tous leurs mots sont si justes, empreints de gravité mais surtout de sagesse, d’apaisement et d’espoir.

J’ai voulu que nous nous rassemblions : élus, représentants de tous les cultes, forces vives, citoyens.
J’ai voulu que nous nous rassemblions pour se dire, répéter, réfléchir et s’imprégner au plus profond de nous-même de ses mots tellement simples que parfois on se demande si on n’en minimise pas le sens et leur importance : Liberté, Égalité, Fraternité, Tolérance, Unité, Paix…

Ces mots sont frappés sur toutes les mairies de France. Ils forment pour certains d’entre eux notre devise, celle de la République. Ces mots, et leur sens, sont appris dans nos écoles. La Fraternité, la Tolérance, la Paix, le Respect… Ces mots, et bien d’autres qui décrivent une même réalité, sont dans nos textes religieux, dans nos grands textes républicains comme la Déclaration des droits de l’Homme.
En revanche, l’intolérance, la haine de l’autre, l’antisémitisme, mais au-delà la haine par dogme de telle ou telle religion s’expriment désormais à visage découvert, et face caméra, ou alors sans filtre sur tous les réseaux sociaux, méprisant notre Histoire, piétinant nos valeurs, insultant notre Présent et, surtout, voulant anéantir notre Avenir commun.

Nous allons dans quelques minutes planter un Olivier, un arbre bien vivant et fort en symboles. La déesse Athéna, dans l’Antiquité, fit sortir de terre un Olivier représentant la force et la victoire.
Je suis convaincu que nous vaincrons tous les racismes, je suis un humaniste, je suis un optimiste, mais c’est un combat de tous les instants. Notre arbre poussera haut, et fort, et nous rappellera les valeurs fondamentales qu’on lui donne, à chaque fois que nous passerons devant. Les plus jeunes, présents ce soir, raconteront peut-être un jour, à leurs propres enfants, avoir été là le jour où il a été planté, et seront à leur tour transmetteur d’un message de Paix.

Car l’Olivier, bien sûr, est aussi symbole de Paix.
Après des siècles de guerre, nous connaissons depuis 70 ans une période de paix unique dans l’histoire de l’Europe. Nous ne savons donc que trop, que la Guerre est plus facile que la Paix, que la Haine est plus facile que la Tolérance, que l’Ignorance est plus facile que la Bienveillance. La Paix n’est pas spontanée. C’est une construction. Il a fallu surpasser les orgueils et les rancoeurs. Il a fallu se donner la main, entre religions, entre patriotes opposés, entre ennemis d’hier.

De la même manière, il ne faut rien céder à l’antisémitisme. Les faits de ces dernières semaines sont insupportables. La pensée qui les anime a déjà produit le Pire, on le sait, et je le dis avec d’autant plus de force que, là…, ici…, nous ne plantons cet arbre à n’importe quel endroit.
Nous plantons cet arbre au coeur de Fontainebleau, sur sa plus grande place, où chaque jour des centaines, voire des milliers de Bellifontains, passent, se retrouvent ou viennent faire leur marché
Nous plantons cet arbre place de la République, pour associer pour toujours la Paix et la République, l’espérance de la Paix et les valeurs de notre République.
Nous plantons cet arbre en bordure d’un square, au plus près des plus jeunes et des familles, pour que ce symbole de paix soit partie intégrante de ces belles images de jeunesse qui ensuite nous accompagnent toute une vie.
Nous plantons cet arbre dans un square qui porte le nom du Commissaire Calas, du nom du commissaire de police Auguste Calas, commissaire de Fontainebleau au moment de la Seconde guerre mondiale, résistant actif, il sera dénoncé, arrêté, déporté. Il meurt en déportation le 20 avril 1945, d’avoir aidé des enfants juifs. Parce qu’à l’époque, on disait « Mort aux Juifs ». Quand je l’entends aujourd’hui, je frémis et je condamne.
Nous plantons cet arbre, enfin, en proximité d’une Eglise qui est le plus grand édifice religieux de notre Ville et l’un de ses joyeux patrimoniaux. Cette Eglise qui rappelle aussi les racines profondes de l’Histoire de notre pays et cette originalité précieuse de notre pays, la France, d’avoir érigé en principe cardinal de notre République le principe de laïcité, cette laïcité qui accorde à chacun d’entre nous, et dans le respect de tous, la liberté de croyance et de culte. Et c’est d’ailleurs avec les représentants des différents cultes de notre ville que j’ai choisi de planter cet arbre de Paix pour qu’il sème la fraternité.

Nous le savons, nous l’entendons ce soir, Fontainebleau est une ville qui incarne les valeurs universelles de la France. Ville d’ouverture, de partage et de rencontre, où la différence est une richesse. Ville européenne et internationale s’il en est.
Nous allons planter ensemble cet Olivier. Ensuite, chacun, selon ses croyances, pourra marquer un temps, de silence républicain ou de prière. Par ce geste, nous condamnons ensemble la pesante atmosphère d’un regain décomplexé d’antisémitisme, les attaques contre les cimetières, les mots odieux, les gestes inacceptables, les attaques à la mémoire de Simone Veil, les lâches profanations, et je n’oublie pas les centaines de dégradations dans nos églises …

Nous redisons ce soir notre volonté de vivre ensemble, en harmonie, en paix. Pas à côté les uns des autres, mais ensemble, les uns avec les autres !
Ensemble vraiment.
Ensemble unis.
Ensemble dans la Paix.

Chacun doit prendre ses responsabilités

Oui, je souhaite que les gilets jaunes ne manifestent pas ce week-end.

Pas d'”acte 5″ alors que notre pays est en deuil. Inutile de faire de long discours : les forces de sécurité, partout, sont en état d’alerte.

La semaine dernière, j’appelais solennellement chacun à ses responsabilités. Les manifestations ont malgré tout eu lieu et ce fut la porte ouverte aux casseurs, à Paris comme dans de nombreuses villes…

Désormais, mon appel se fait plus ferme.

Face à l’obscurantisme, et comme nous avons déjà su le faire au cours des dernières années, la Nation doit se montrer unie, soudée, solide. Au-delà des souffrances, des frustrations et des désaccords, qu’il ne s’agit pas pour moi de dénigrer ou de minimiser, aujourd’hui tous les républicains de France ont d’abord un ennemi commun à combattre, le terrorisme.

Dans ce contexte, et alors que nous savons que cette période des fêtes de fin d’année est plus particulièrement sensible, il serait irresponsable de contraindre l’État à mobiliser nos forces de sécurité ailleurs qu’à la protection des français.

Les conditions ne sont pas réunies pour prolonger le désordre, ni même pour manifester sincèrement samedi prochain. Inciter à le faire est dangereux et destructeur. Totalement irresponsable même.

J’en appelle à la conscience de chacun et au rassemblement de tous.

Discours pour la Commémoration officielle du 11 novembre 2018

Discours pour la Commémoration officielle du 11 novembre 2018

Il y a cent ans, la victoire de la France et de nos alliés mettait fin à une guerre longue et cruelle.

Aujourd’hui, partout dans le pays, toutes les générations (nous le voyons ici), sont rassemblées pour un hommage aux Morts pour la France.

Les hommes partaient pour une guerre qu’on annonçait rapide. Les premières correspondances des soldats à leurs familles promettaient un retour pour Noël.

4 milliards de lettres et de cartes postales ont été acheminées entre les soldats et leurs proches, la Poste française mettant en œuvre cette incroyable « ligne de vie » entre les combattants et leurs familles. Parmi les « poilus épistolaires », Martin Vaillagou, père de deux enfants, dirigeant d’une entreprise de maçonnerie en Ile-de-France. Un soldat parmi tant d’autres. Il part à la guerre à l’âge de 39 ans et échange régulièrement avec ses deux garçons, Maurice et Raymond. C’est Maurice, qui dans une lettre, innocent et vindicatif, lui demande de lui rapporter « un casque de Prussien ».

Son père lui répond :
« Pour le casque de Prussien, cela n’est pas sûr. Ce n’est pas maintenant le moment d’aller les décoiffer. Il fait trop froid, ils pourraient attraper la grippe. Et puis, mon pauvre Maurice, il faut réfléchir que les Prussiens sont comme nous. Vois-tu qu’un garçon Prussien écrive à son père la même chose que toi et qu’il lui demande un képi de français, et si ce papa Prussien rapportait un képi de Français à son petit garçon et que ce képi fut celui de ton papa ? Qu’est-ce que tu en penses ? Tu conserveras ma lettre et tu la liras plus tard quand tu seras grand. Tu comprendras mieux. »

Martin ne ramènera pas de casque Prussien ; il ne reviendra pas de la guerre.

Sa tempérance est louable. Au milieu des combats, dans l’enfer de la vie au front, cet homme a gardé une remarquable humanité. C’est cette remarquable humanité, présente dans la leçon de vie qu’il laisse en héritage à son fils, qui sera le socle de la réconciliation. Le Prussien, l’ennemi, il est en fait comme nous.

Bien sûr, aujourd’hui, il y a le souvenir de la victoire, mais c’est l’armistice que nous commémorons. Certes, nous rendons hommage à nos morts, mais surtout, nous célébrons la Paix qui seule nous rend digne de nos morts et de leur sacrifice ultime.

En ce moment, chacun d’entre nous porte en son cœur une pensée pour un lointain membre de sa famille tombé au combat. J’ai pour ma part une pensée pour le Lieutenant Pierre Demotes-Mainard. Il est mort dans la bataille de la Somme en 1916 à l’âge de 31 ans, laissant derrière lui 5 enfants. Ma grand-mère, qui est enterrée à quelques mètres d’ici, ne l’a jamais connu. C’était mon arrière-grand-père.

Il est mort pour quoi ?

En fait, il est mort nous. Il était soldat et voulait que flotte encore ce drapeau. Bleu Blanc Rouge, et tout ce que cela représente. Il voulait une France libre. Il voulait une Europe en Paix.

Quel rude combat que celui de la Paix.

Georges Clemenceau le disait :
« Il est plus facile de faire la guerre que la paix. »

La Paix nous élève. La Paix exige de l’Homme le meilleur, et ce n’est pas forcément le plus facile. Le sacrifice de nos aïeuls nous oblige. A résister aux démagogies anciennes, et aux populismes sur le retour, de toujours trouver la faute chez l’autre. La Paix est un choix, et c’est en conscience que les Européens ont décidé de devenir une communauté de destin.

La Paix n’est jamais acquise.

Plutôt que la guerre, la Paix demeure un combat, mais c’est un combat parfois contre nous-mêmes.

« Vigilance » nous interpelle justement le Président de la République dans son discours à la Nation ce jour. Vigilance…

Regardez-donc tous ces noms sur notre monument aux morts… Ne comptez pas, il y en a 403. Demain, ce pourrait être vos enfants. Alors oui, vigilance.

C’est pour cela que ces moments de communion républicaine sont essentiels. C’est pour cela que le devoir de mémoire doit fidèlement être honoré. C’est pour cela, enfin, que nous devons nourrir continuellement, et concrètement, la Paix. Cette cérémonie vient clôturer 3 jours de commémorations en présence de nos amis des villes jumelles de Constance, en Allemagne, et de Richmond, en Angleterre. Je tiens encore à les remercier chaleureusement de leur présence, si symbolique. Depuis 3 jours, ils ont participé à tous nos événements : exposition, concert, marche aux lampions, veillée. Nous apprenons et nous enrichissons de nos différences. Parfois nous en rions aussi, c’est vrai. Mais surtout, nous continuons à bâtir des projets, des passerelles, essentiellement en direction de nos jeunesses.

Ils ont vu, nos amis de Constance et de Richmond, la formidable participation de la jeunesse de Fontainebleau tout au long de ces trois jours. Du fond du cœur, je veux remercier tous ces enfants, adolescents qui ont tellement apporté à la réussite de ces manifestations. Leur présence seule suffit à donner tout son sens à tout cela. Merci à leurs professeurs, aux directeurs des établissements, aux parents… de les avoir accompagnés.

Notre destin nous appartient. Nous le savons. Les enfants, eux, l’apprendront vite. Alors puisque notre destin nous appartient, restons des acteurs vigilants de la Paix et de la Fraternité.

Vive la République, vive la France, vive l’Europe.

Discours – Inauguration de la plaque du carrefour de la médaille militaire Fontainebleau – 7 septembre 2018

Monsieur le Sous-Préfet,
Madame la Députée, Chère Valérie,
Monsieur le président de la communauté d’agglomération, Cher Pascal,
Messieurs les Maires,
Messieurs les Officiers,
Monsieur le Président de la 47eme section de la Médaille Militaire, cher Christophe Blanluet,
Cher Président d’honneur de la cette 47eme section de la Médaille Militaire, Cher Michel Coutherut,
Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs les représentants d’associations d’anciens combattants,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux que vous soyez présents si nombreux, pour inaugurer ce « carrefour de la médaille militaire ».

Je me réjouis de cet instant et veux lui donner une certaine solennité ; et ce, pour au moins deux raisons.

En premier lieu, avoir fait le choix de baptiser un carrefour du nom de la Médaille militaire, s’inscrit dans la droite ligne de l’attention que je porte à veiller à ce que les liens soient permanents entre notre Histoire passée, d’une part, et le travail fait pour inscrire Fontainebleau dans son époque, en la modernisant et en l’adaptant autant que possible au monde de demain, d’autre part.
Lorsque le 8 mai 2012, j’inaugurais avec Michel Coutherut la place des Combattants Morts pour la France, c’était avec la volonté d’honorer ceux qui, l’arme à la main, avaient donné leur vie pour notre pays.

Lorsque le 12 février 2014, j’inaugurais la Place de la Légion d’Honneur, c’était pour honorer un ordre qui avait créée par Napoléon 1er, personnalité historique s’il en est qui a profondément et durablement marqué Fontainebleau.

Cette attention portée à marquer l’évocation du passé et tenter de donner aux jeunes générations des clés de compréhension, elle est permanente. C’est par exemple, le soin apporté à notre patrimoine, je pense aux travaux colossaux entrepris à l’Eglise. C’est la création de la Revue d’Histoire de Fontainebleau il y a maintenant 7 ans, animée par Hélène Maggiori. C’est l’aide apportée à tous ceux qui, dans notre Ville, se sont donnés pour mission d’entretenir le souvenir…

C’est aussi, l’importante commémoration qui va se dérouler le week-end du 10 et 11 novembre autour du bicentenaire de la fin de la 1ere Guerre Mondiale. Trois jours de commémorations, des concerts, des expositions, projection de film, orchestrés par Odile Jacquin et Hélène Maggiori, avec comme fil rouge la Paix et de la Fraternité. A cette occasion, nous aurons le grand honneur de recevoir une délégation de nos villes jumelles, et notamment le maire de Constance au cours d’une cérémonie officielle le vendredi 9 novembre au soir à laquelle vous serez tous conviés.

Veiller à ne surtout pas rompre les fils du passé, mais au contraire les fortifier pour donner du sens à notre avenir, Pour cette première raison, la cérémonie d’aujourd’hui est importante.
La seconde raison est le sens que revêt le choix d’honorer la Médaille militaire.

Certains d’entre vous doivent penser en leur for intérieur de ce choix doit beaucoup à la ténacité, au sens de persuasion de Michel Coutherut. Nous savons tous à quel point cet homme-là est un infatigable représentant de la Médaille militaire, mais surtout un infatigable défenseur des valeurs patriotiques. Nous savons tous aussi à quel point quand cet homme-là une idée en tête, comme on dit, il ne l’a pas ailleurs…

Au-delà, même si bien sûr, cette démarche de baptiser ainsi ce carrefour lui doit beaucoup, elle s’est imposée car il est vite apparu comme une évidence d’honorer la Médaille militaire, et surtout, à travers elle, ceux qui en sont décorés.

Est-on sûrs, tous, de bien savoir ce qu’est la Médaille militaire ?
Rappelons d’abord qu’elle n’est décernée qu’à des militaires. Il y a bien sûr, comme pour toute règle française, quelques exceptions. De très rares civils ont en effet pu être décorés de la médaille militaire, et non des moindres, puisqu’on peut citer parmi ces cas très exceptionnels, Winston Churchill ou encore le président américain Roosevelt.

Après la Légion d’honneur et l’ordre de la Libération, la Médaille militaire est la troisième décoration nationale par ordre de préséance. Instituée en 1852 par Napoléon III, il était donc comme une première évidence que Fontainebleau, « ville impériale », se devait d’avoir un lieu qui lui est dédié.

Voici comment le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte s’adresse aux tous premiers récipiendaires :

« Soldats, combien de fois ai-je regretté de voir des soldats et des sous-officiers rentrer dans leurs foyers sans récompense, quoique par la durée de leurs services, par des blessures, par des actions dignes d’éloges, ils eussent mérité un témoignage de satisfaction de la patrie ! C’est pour le leur accorder que j’ai institué cette médaille. Elle assurera 100 francs de rente viagère ; c’est peu, certainement ; mais ce qui est beaucoup, c’est le ruban que vous porterez sur la poitrine et qui dira à vos camarades, à vos familles, à vos concitoyens que celui qui la porte est un brave. »

Dépourvue de grade, cette distinction met à égalité tous ceux à qui elle est attribuée. Elle n’est attribuée par le Président de la République, sur proposition du ministre de la Défense, que pour des services militaires exceptionnels.

Je sais que les combattants sont souvent humbles, mais les porteurs de cette médaille, reconnaissable à son ruban jaune entouré de liserés vert clair, peuvent être fiers. Fiers d’avoir servi la Patrie. Fiers d’avoir honoré ses couleurs.

La vie, la liberté, la fraternité… ceux qui reçoivent la Médaille militaire donnent sens à nos valeurs. Ils sont la République. Nous leur devons tant. Bien sûr, la France connaît la Paix. Mais n’oublions jamais que chaque jour, à l’instant même où je vous parle, des milliers de soldats français sont engagés dans le monde. Justement, pour garantir notre paix et défendre nos valeurs.

La Paix est fragile. Si nous avons construit la Paix avec nos ennemis d’hier, c’est grâce à l’Europe. Elle aussi est fragile. Dans de nombreux pays, les extrémismes montent et parfois accèdent même au pouvoir. Pourtant, face aux grands défis contemporains, je crois que nous devons rester unis pour les relever. Et au-delà des discours, des cérémonies et des inaugurations, le plus bel hommage que nous pouvons rendre à nos libérateurs que j’évoquais tout à l’heure, aux victimes de tous les conflits passés, aux héros secrets des combats d’aujourd’hui, c’est de donner un nouvel élan au projet humaniste qu’est l’Europe.

Je veux terminer en m’adressant aux représentants d’associations d’anciens combattants, aux porte-drapeaux si nombreux ce matin, aux officiers représentants les autorités militaires et à ceux qui portent la médaille militaire. Pour votre engagement, pour votre courage, vous méritez notre respect, vous méritez nos applaudissements. Au nom de ce que je représente, en mon nom personnel : Merci !
Vive la République, vive la France.

Rythmes scolaires : Lettre aux parents d’élèves

Fontainebleau ne reviendra pas à la semaine de quatre jours dans les écoles dès cette année, mais sans doute l’année prochaine.
Devant le peu de temps que nous avions pour nous retourner alors que toute l’organisation de la rentrée avait ete calée, et devant l’absence de précisions du Ministère de l’Education nationale il y a encore 15 jours, nous avons décidé avec Gwenael Cler, mon adjointe aux affaires scolaires et l’ensemble de la majorité, de prendre le temps de consulter l’ensemble de la communauté éducative à la rentrée pour une décision applicable en septembre 2018.
Voici le courrier que j’ai adressé il y a quelques jours à tous les parents d’élèves

Mesdames, Messieurs,

Le nouveau gouvernement, tout juste nommé, a annoncé vouloir revenir sur les rythmes scolaires actuels et repasser à la semaine de 4 jours dans les écoles maternelles et élémentaires, pour les villes qui le souhaiteraient dès septembre 2017.

Avec l’équipe municipale, nous sommes favorables au retrait de cette réforme instituée en septembre 2014 par le précédent gouvernement.

Bien que nous ayons tout fait à Fontainebleau pour mettre en œuvre autour de ces nouveaux rythmes scolaires des organisations optimales pour les enfants, il s’avère que l’expérience n’est pas totalement satisfaisante. Dans notre ville, comme dans beaucoup d’autres communes, nous constatons en général une plus grande fatigue pour les élèves.

Pour autant, nous ne pouvons pas sortir des nouveaux rythmes scolaires du jour au lendemain. En effet, nous ne connaissons pas le contexte règlementaire dans lequel le gouvernement compte agir : le décret annoncé par le Ministre de l’Education n’est toujours pas paru.

Chaque année, comme vous le savez, la rentrée scolaire se prépare bien en amont du mois de septembre et la mise au point de la rentrée 2017 est à ce jour quasiment finalisée.

Les deux mois qui nous séparent de la rentrée scolaire ne suffiraient pas à mettre en place une organisation pérenne et efficace. Epargnons à nos enfants les préjudices d’une réforme précipitée.

De plus, la Ville ne souhaite pas bousculer les organisations familiales et professionnelles, probablement déjà définies pour la prochaine rentrée.

Si l’orientation voulue par le gouvernement est confirmée, nous pourrions envisager de vous proposer, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative, un retour à la semaine de 4 jours à compter de septembre 2018.

Ce délai nous permettra d’ouvrir une concertation, notamment au sein des groupes de travail mis en place depuis 2014 dans le cadre du projet  éducatif territorial (PEDT), qui associe les parents d’élèves, les enseignants, l’inspection académique et les services municipaux.

Nous pourrons ainsi tous ensemble tirer un bilan de l’ancienne organisation pour en garder les points forts et de pouvoir aborder la rentrée scolaire 2018 en toute sérénité.

C’est donc au terme de cette concertation, qui se déroulera à l’automne 2017, que nous déciderons ensemble, ou non, de revenir à la semaine de 4 jours à partir de septembre 2018.

Comptant sur votre compréhension, je vous prie de croire, Mesdames, Messieurs, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Gwenaël CLER           Frédéric VALLETOUX

Adjointe au maire en charge           Maire de Fontainebleau

des Affaires Scolaires         Conseiller régional d’Ile-de-France

Tribune libre : Vu des territoires, le devoir de réussir.

Voici la tribune que j’ai co-signée avec 21 autres maires LR et UDI dans le journal L’Opinion. Une contribution parmi tant d’autres en ce moment sur la situation politique née de l’élection d’Emmanuel Macron et la nécessité pour l’avenir d’inventer d’autres formes politiques.

” Voilà six mois, la famille de la droite et du centre se rêvait en un groupe majoritaire écrasant à l’Assemblée nationale. Après une présidentielle ratée et à l’issue des législatives, le bilan est rude.

La défaite moins ample qu’annoncée ne doit pas faire oublier que, jamais sous la Ve République, la droite et le centre n’ont eu une représentation aussi faible à l’Assemblée. Le cataclysme électoral que nous venons de vivre, oblige chacun, au niveau national comme dans les territoires que nous représentons, à une réflexion sur ce qui s’est passé, sur ce qu’il advient et sur ce qu’il convient de faire.

Parmi les éléments du diagnostic, retenons les plus forts à nos yeux.

À droite comme à gauche, les primaires peuvent conduire à une radicalité invalidante : nonobstant l’affaire Pénélope, le projet porté par François Fillon était-il de nature à convaincre une majorité de Français ? N’ayant plus la force d’abandonner leur soutien à des chefs de file qui reviennent sur leur parole, les partis ont perdu leur crédibilité. Ils ne savent plus attirer de nouveaux adhérents, ni suffisamment intégrer les forces de la société civile. Il nous faut tenir compte du désamour dont nos formations politiques sont victimes et coupables.

Emmanuel Macron a été élu pour bien des raisons, parmi lesquelles notre propre faiblesse. L’ancienne forme militante a été bousculée par des formes plus agiles et peut-être plus éphémères ; le dynamisme a payé. Mais enfin, la double crise de notre système partisan et de notre système représentatif aurait pu connaître des conséquences plus dramatiques. Nous n’avons pas élu un Donald Trump et nous n’avons pas voté pour un Brexit.

Vu de l’extérieur, ce rassemblement est d’abord un enthousiasme, l’énergie première de la politique

Large rassemblement. Avec l’élection d’Emmanuel Macron, avec la nomination d’Edouard Philippe, le tableau de la vie politique française a quelque chose de changé ; des éléments indéfinissables obligent à modifier notre point de vue. Le clivage droite-gauche semble dépassé, au moins pour un temps. Le marcionisme appelle encore sur bien des points une clarification idéologique, mais il pose les bases d’un large rassemblement.

Vu de l’extérieur, ce rassemblement est d’abord un enthousiasme, l’énergie première de la politique. Ensuite, il paraît être le rendez-vous des réformateurs, de tous ceux qui refusent la sinistrose. Vu de nos mairies, de nos territoires, la figure d’Édouard Philippe, maire du Havre, rassure. Vu de nos familles politiques, nous devons convenir que, malgré quelques divergences, nous sommes d’accord avec une large part du projet. Tout cela rend l’opposition tactique incompréhensible, voire mesquine. On ne peut pas espérer l’échec du gouvernement.

Nous devons donner une chance à ce nouveau destin. Les formes politiques restent à préciser, mais l’état d’esprit est clair : soyons constructifs

Que le FN ou La France insoumise s’opposent sur des bases politiques ou idéologiques, soit. Mais une opposition à Emmanuel Macron qui viendrait d’anciens soutiens d’Alain Juppé aurait-elle un sens ? On comprend que certains jugent que leur devoir est de préparer l’alternance demain ; ils comprendront que le nôtre pourrait être de réussir aujourd’hui.

Nous devons donner une chance à ce nouveau destin. Les formes politiques restent à préciser, mais l’état d’esprit est clair : soyons constructifs.

Constructifs car personne ne veut que la France perde encore cinq ans. Constructifs car nos concitoyens attendent des résultats concrets pour améliorer leur vie quotidienne. Constructifs au point d’espérer la réussite du quinquennat et celle du gouvernement. Constructifs aussi à hauteur de la crise de la représentation et des difficultés économiques du pays. Constructifs car le renouvellement des méthodes politiques est indispensable au retour d’une société de confiance. Constructifs car rien ne sera réglé facilement.

Bonnes volontés. Cela ne signifie pas donner un blanc-seing, ni être d’accord sur tout. Le programme du quinquennat doit être renforcé et parfois repositionné sur des axes fondamentaux dont certaines des réformes fiscales ou le rétablissement d’une autorité bienveillante qui est d’abord une autorité. Le respect de nos règles de vie collective est l’une des conditions pour que le « vivre ensemble » soit autre chose qu’une incantation. Si le projet d’une « France start-up » porté par le principe d’efficacité nous convient, il faut rappeler que les principes d’inclusion et d’équité restent la quille du navire sociétal. Nous l’éprouvons au quotidien dans les territoires que nous représentons.

Nous voulons tirer les leçons de nos échecs et participer à la modernisation de la vie politique. Nous saluons la création d’un groupe « LR constructifs – UDI – Indépendants » à l’Assemblée nationale et nous pensons que la démarche doit aller au-delà. Le non-cumul des mandats éloigne les parlementaires des territoires ; les élus locaux devront également être écoutés. Nous souhaitons un dialogue constructif avec le gouvernement. Avec notre sensibilité, avec parfois nos réserves, nous sommes prêts à soutenir toute initiative utile. N’en doutons pas, les difficultés qu’il faudra bientôt surmonter appellent des bonnes volontés partout dans le pays. ”

Christophe Béchu est maire LR d’Angers et sénateur du Maine-et-Loire ; Arnaud de Belenet est maire LR de Bailly-Romainvilliers, président de Val d’Europe et conseiller départemental de Seine-et-Marne ; Xavier Bonnefont est maire LR d’Angoulême ; Jean-Yves de Chaisemartin est maire UDI de Paimpol et vice-président du conseil départemental des Côtes d’Armor ; Alain Chrétien est maire LR de Vesoul et président de la communauté d’agglomération de Vesoul ; François Decoster est maire UDI de Saint-Omer et vice-président de la Région Hauts-de-France ; Vincent Delahaye est maire UDI de Massy et sénateur de l’Essonne ; Jean Dionis du Séjour est maire UDI d’Agen et président de la communauté d’agglomération d’Agen ; Dominique Faure est maire UDI de Saint-Orens de Gameville ; Brigitte Fouré est maire UDI d’Amiens et vice-présidente de la Région Hauts-de-France ; Louis Giscard d’Estaing est maire UDI de Chamalières; Patrick Leclerc est maire de Landerneau; Frédéric Leturque est maire UDI d’Arras et vice-président de la Région Hauts-de-France ; Pierre Méhaignerie est maire UDI de Vitré et président de Vitré Communauté ; Nicolas Méary est maire UDI de Brétigny-sur-Orge et vice-président du conseil départemental de l’Essonne ; Jean-Paul Michel est maire UDI de Lagny-sur-Marne et président de Marne-et-Gondoire, François-Xavier Priollaud est maire UDI de Louviers et vice-président de la Région Normandie ; Franck Reynier est maire UDI de Montélimar et président de Montélimar Agglomération ; Alexandra Rosetti est maire UDI de Voisins-le-Bretonneux​; Marie-Hélène Thoraval est maire LR de Romans-sur-Isère ; Frédéric Valletoux est maire LR de Fontainebleau et conseiller régional d’Ile-de-France ; Francisque Vigouroux est maire UDI d’Igny.