Discours – Inauguration de la plaque du carrefour de la médaille militaire Fontainebleau – 7 septembre 2018

Monsieur le Sous-Préfet,
Madame la Députée, Chère Valérie,
Monsieur le président de la communauté d’agglomération, Cher Pascal,
Messieurs les Maires,
Messieurs les Officiers,
Monsieur le Président de la 47eme section de la Médaille Militaire, cher Christophe Blanluet,
Cher Président d’honneur de la cette 47eme section de la Médaille Militaire, Cher Michel Coutherut,
Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs les représentants d’associations d’anciens combattants,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux que vous soyez présents si nombreux, pour inaugurer ce « carrefour de la médaille militaire ».

Je me réjouis de cet instant et veux lui donner une certaine solennité ; et ce, pour au moins deux raisons.

En premier lieu, avoir fait le choix de baptiser un carrefour du nom de la Médaille militaire, s’inscrit dans la droite ligne de l’attention que je porte à veiller à ce que les liens soient permanents entre notre Histoire passée, d’une part, et le travail fait pour inscrire Fontainebleau dans son époque, en la modernisant et en l’adaptant autant que possible au monde de demain, d’autre part.
Lorsque le 8 mai 2012, j’inaugurais avec Michel Coutherut la place des Combattants Morts pour la France, c’était avec la volonté d’honorer ceux qui, l’arme à la main, avaient donné leur vie pour notre pays.

Lorsque le 12 février 2014, j’inaugurais la Place de la Légion d’Honneur, c’était pour honorer un ordre qui avait créée par Napoléon 1er, personnalité historique s’il en est qui a profondément et durablement marqué Fontainebleau.

Cette attention portée à marquer l’évocation du passé et tenter de donner aux jeunes générations des clés de compréhension, elle est permanente. C’est par exemple, le soin apporté à notre patrimoine, je pense aux travaux colossaux entrepris à l’Eglise. C’est la création de la Revue d’Histoire de Fontainebleau il y a maintenant 7 ans, animée par Hélène Maggiori. C’est l’aide apportée à tous ceux qui, dans notre Ville, se sont donnés pour mission d’entretenir le souvenir…

C’est aussi, l’importante commémoration qui va se dérouler le week-end du 10 et 11 novembre autour du bicentenaire de la fin de la 1ere Guerre Mondiale. Trois jours de commémorations, des concerts, des expositions, projection de film, orchestrés par Odile Jacquin et Hélène Maggiori, avec comme fil rouge la Paix et de la Fraternité. A cette occasion, nous aurons le grand honneur de recevoir une délégation de nos villes jumelles, et notamment le maire de Constance au cours d’une cérémonie officielle le vendredi 9 novembre au soir à laquelle vous serez tous conviés.

Veiller à ne surtout pas rompre les fils du passé, mais au contraire les fortifier pour donner du sens à notre avenir, Pour cette première raison, la cérémonie d’aujourd’hui est importante.
La seconde raison est le sens que revêt le choix d’honorer la Médaille militaire.

Certains d’entre vous doivent penser en leur for intérieur de ce choix doit beaucoup à la ténacité, au sens de persuasion de Michel Coutherut. Nous savons tous à quel point cet homme-là est un infatigable représentant de la Médaille militaire, mais surtout un infatigable défenseur des valeurs patriotiques. Nous savons tous aussi à quel point quand cet homme-là une idée en tête, comme on dit, il ne l’a pas ailleurs…

Au-delà, même si bien sûr, cette démarche de baptiser ainsi ce carrefour lui doit beaucoup, elle s’est imposée car il est vite apparu comme une évidence d’honorer la Médaille militaire, et surtout, à travers elle, ceux qui en sont décorés.

Est-on sûrs, tous, de bien savoir ce qu’est la Médaille militaire ?
Rappelons d’abord qu’elle n’est décernée qu’à des militaires. Il y a bien sûr, comme pour toute règle française, quelques exceptions. De très rares civils ont en effet pu être décorés de la médaille militaire, et non des moindres, puisqu’on peut citer parmi ces cas très exceptionnels, Winston Churchill ou encore le président américain Roosevelt.

Après la Légion d’honneur et l’ordre de la Libération, la Médaille militaire est la troisième décoration nationale par ordre de préséance. Instituée en 1852 par Napoléon III, il était donc comme une première évidence que Fontainebleau, « ville impériale », se devait d’avoir un lieu qui lui est dédié.

Voici comment le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte s’adresse aux tous premiers récipiendaires :

« Soldats, combien de fois ai-je regretté de voir des soldats et des sous-officiers rentrer dans leurs foyers sans récompense, quoique par la durée de leurs services, par des blessures, par des actions dignes d’éloges, ils eussent mérité un témoignage de satisfaction de la patrie ! C’est pour le leur accorder que j’ai institué cette médaille. Elle assurera 100 francs de rente viagère ; c’est peu, certainement ; mais ce qui est beaucoup, c’est le ruban que vous porterez sur la poitrine et qui dira à vos camarades, à vos familles, à vos concitoyens que celui qui la porte est un brave. »

Dépourvue de grade, cette distinction met à égalité tous ceux à qui elle est attribuée. Elle n’est attribuée par le Président de la République, sur proposition du ministre de la Défense, que pour des services militaires exceptionnels.

Je sais que les combattants sont souvent humbles, mais les porteurs de cette médaille, reconnaissable à son ruban jaune entouré de liserés vert clair, peuvent être fiers. Fiers d’avoir servi la Patrie. Fiers d’avoir honoré ses couleurs.

La vie, la liberté, la fraternité… ceux qui reçoivent la Médaille militaire donnent sens à nos valeurs. Ils sont la République. Nous leur devons tant. Bien sûr, la France connaît la Paix. Mais n’oublions jamais que chaque jour, à l’instant même où je vous parle, des milliers de soldats français sont engagés dans le monde. Justement, pour garantir notre paix et défendre nos valeurs.

La Paix est fragile. Si nous avons construit la Paix avec nos ennemis d’hier, c’est grâce à l’Europe. Elle aussi est fragile. Dans de nombreux pays, les extrémismes montent et parfois accèdent même au pouvoir. Pourtant, face aux grands défis contemporains, je crois que nous devons rester unis pour les relever. Et au-delà des discours, des cérémonies et des inaugurations, le plus bel hommage que nous pouvons rendre à nos libérateurs que j’évoquais tout à l’heure, aux victimes de tous les conflits passés, aux héros secrets des combats d’aujourd’hui, c’est de donner un nouvel élan au projet humaniste qu’est l’Europe.

Je veux terminer en m’adressant aux représentants d’associations d’anciens combattants, aux porte-drapeaux si nombreux ce matin, aux officiers représentants les autorités militaires et à ceux qui portent la médaille militaire. Pour votre engagement, pour votre courage, vous méritez notre respect, vous méritez nos applaudissements. Au nom de ce que je représente, en mon nom personnel : Merci !
Vive la République, vive la France.

Rythmes scolaires : Lettre aux parents d’élèves

Fontainebleau ne reviendra pas à la semaine de quatre jours dans les écoles dès cette année, mais sans doute l’année prochaine.
Devant le peu de temps que nous avions pour nous retourner alors que toute l’organisation de la rentrée avait ete calée, et devant l’absence de précisions du Ministère de l’Education nationale il y a encore 15 jours, nous avons décidé avec Gwenael Cler, mon adjointe aux affaires scolaires et l’ensemble de la majorité, de prendre le temps de consulter l’ensemble de la communauté éducative à la rentrée pour une décision applicable en septembre 2018.
Voici le courrier que j’ai adressé il y a quelques jours à tous les parents d’élèves

Mesdames, Messieurs,

Le nouveau gouvernement, tout juste nommé, a annoncé vouloir revenir sur les rythmes scolaires actuels et repasser à la semaine de 4 jours dans les écoles maternelles et élémentaires, pour les villes qui le souhaiteraient dès septembre 2017.

Avec l’équipe municipale, nous sommes favorables au retrait de cette réforme instituée en septembre 2014 par le précédent gouvernement.

Bien que nous ayons tout fait à Fontainebleau pour mettre en œuvre autour de ces nouveaux rythmes scolaires des organisations optimales pour les enfants, il s’avère que l’expérience n’est pas totalement satisfaisante. Dans notre ville, comme dans beaucoup d’autres communes, nous constatons en général une plus grande fatigue pour les élèves.

Pour autant, nous ne pouvons pas sortir des nouveaux rythmes scolaires du jour au lendemain. En effet, nous ne connaissons pas le contexte règlementaire dans lequel le gouvernement compte agir : le décret annoncé par le Ministre de l’Education n’est toujours pas paru.

Chaque année, comme vous le savez, la rentrée scolaire se prépare bien en amont du mois de septembre et la mise au point de la rentrée 2017 est à ce jour quasiment finalisée.

Les deux mois qui nous séparent de la rentrée scolaire ne suffiraient pas à mettre en place une organisation pérenne et efficace. Epargnons à nos enfants les préjudices d’une réforme précipitée.

De plus, la Ville ne souhaite pas bousculer les organisations familiales et professionnelles, probablement déjà définies pour la prochaine rentrée.

Si l’orientation voulue par le gouvernement est confirmée, nous pourrions envisager de vous proposer, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative, un retour à la semaine de 4 jours à compter de septembre 2018.

Ce délai nous permettra d’ouvrir une concertation, notamment au sein des groupes de travail mis en place depuis 2014 dans le cadre du projet  éducatif territorial (PEDT), qui associe les parents d’élèves, les enseignants, l’inspection académique et les services municipaux.

Nous pourrons ainsi tous ensemble tirer un bilan de l’ancienne organisation pour en garder les points forts et de pouvoir aborder la rentrée scolaire 2018 en toute sérénité.

C’est donc au terme de cette concertation, qui se déroulera à l’automne 2017, que nous déciderons ensemble, ou non, de revenir à la semaine de 4 jours à partir de septembre 2018.

Comptant sur votre compréhension, je vous prie de croire, Mesdames, Messieurs, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Gwenaël CLER           Frédéric VALLETOUX

Adjointe au maire en charge           Maire de Fontainebleau

des Affaires Scolaires         Conseiller régional d’Ile-de-France

Tribune libre : Vu des territoires, le devoir de réussir.

Voici la tribune que j’ai co-signée avec 21 autres maires LR et UDI dans le journal L’Opinion. Une contribution parmi tant d’autres en ce moment sur la situation politique née de l’élection d’Emmanuel Macron et la nécessité pour l’avenir d’inventer d’autres formes politiques.

” Voilà six mois, la famille de la droite et du centre se rêvait en un groupe majoritaire écrasant à l’Assemblée nationale. Après une présidentielle ratée et à l’issue des législatives, le bilan est rude.

La défaite moins ample qu’annoncée ne doit pas faire oublier que, jamais sous la Ve République, la droite et le centre n’ont eu une représentation aussi faible à l’Assemblée. Le cataclysme électoral que nous venons de vivre, oblige chacun, au niveau national comme dans les territoires que nous représentons, à une réflexion sur ce qui s’est passé, sur ce qu’il advient et sur ce qu’il convient de faire.

Parmi les éléments du diagnostic, retenons les plus forts à nos yeux.

À droite comme à gauche, les primaires peuvent conduire à une radicalité invalidante : nonobstant l’affaire Pénélope, le projet porté par François Fillon était-il de nature à convaincre une majorité de Français ? N’ayant plus la force d’abandonner leur soutien à des chefs de file qui reviennent sur leur parole, les partis ont perdu leur crédibilité. Ils ne savent plus attirer de nouveaux adhérents, ni suffisamment intégrer les forces de la société civile. Il nous faut tenir compte du désamour dont nos formations politiques sont victimes et coupables.

Emmanuel Macron a été élu pour bien des raisons, parmi lesquelles notre propre faiblesse. L’ancienne forme militante a été bousculée par des formes plus agiles et peut-être plus éphémères ; le dynamisme a payé. Mais enfin, la double crise de notre système partisan et de notre système représentatif aurait pu connaître des conséquences plus dramatiques. Nous n’avons pas élu un Donald Trump et nous n’avons pas voté pour un Brexit.

Vu de l’extérieur, ce rassemblement est d’abord un enthousiasme, l’énergie première de la politique

Large rassemblement. Avec l’élection d’Emmanuel Macron, avec la nomination d’Edouard Philippe, le tableau de la vie politique française a quelque chose de changé ; des éléments indéfinissables obligent à modifier notre point de vue. Le clivage droite-gauche semble dépassé, au moins pour un temps. Le marcionisme appelle encore sur bien des points une clarification idéologique, mais il pose les bases d’un large rassemblement.

Vu de l’extérieur, ce rassemblement est d’abord un enthousiasme, l’énergie première de la politique. Ensuite, il paraît être le rendez-vous des réformateurs, de tous ceux qui refusent la sinistrose. Vu de nos mairies, de nos territoires, la figure d’Édouard Philippe, maire du Havre, rassure. Vu de nos familles politiques, nous devons convenir que, malgré quelques divergences, nous sommes d’accord avec une large part du projet. Tout cela rend l’opposition tactique incompréhensible, voire mesquine. On ne peut pas espérer l’échec du gouvernement.

Nous devons donner une chance à ce nouveau destin. Les formes politiques restent à préciser, mais l’état d’esprit est clair : soyons constructifs

Que le FN ou La France insoumise s’opposent sur des bases politiques ou idéologiques, soit. Mais une opposition à Emmanuel Macron qui viendrait d’anciens soutiens d’Alain Juppé aurait-elle un sens ? On comprend que certains jugent que leur devoir est de préparer l’alternance demain ; ils comprendront que le nôtre pourrait être de réussir aujourd’hui.

Nous devons donner une chance à ce nouveau destin. Les formes politiques restent à préciser, mais l’état d’esprit est clair : soyons constructifs.

Constructifs car personne ne veut que la France perde encore cinq ans. Constructifs car nos concitoyens attendent des résultats concrets pour améliorer leur vie quotidienne. Constructifs au point d’espérer la réussite du quinquennat et celle du gouvernement. Constructifs aussi à hauteur de la crise de la représentation et des difficultés économiques du pays. Constructifs car le renouvellement des méthodes politiques est indispensable au retour d’une société de confiance. Constructifs car rien ne sera réglé facilement.

Bonnes volontés. Cela ne signifie pas donner un blanc-seing, ni être d’accord sur tout. Le programme du quinquennat doit être renforcé et parfois repositionné sur des axes fondamentaux dont certaines des réformes fiscales ou le rétablissement d’une autorité bienveillante qui est d’abord une autorité. Le respect de nos règles de vie collective est l’une des conditions pour que le « vivre ensemble » soit autre chose qu’une incantation. Si le projet d’une « France start-up » porté par le principe d’efficacité nous convient, il faut rappeler que les principes d’inclusion et d’équité restent la quille du navire sociétal. Nous l’éprouvons au quotidien dans les territoires que nous représentons.

Nous voulons tirer les leçons de nos échecs et participer à la modernisation de la vie politique. Nous saluons la création d’un groupe « LR constructifs – UDI – Indépendants » à l’Assemblée nationale et nous pensons que la démarche doit aller au-delà. Le non-cumul des mandats éloigne les parlementaires des territoires ; les élus locaux devront également être écoutés. Nous souhaitons un dialogue constructif avec le gouvernement. Avec notre sensibilité, avec parfois nos réserves, nous sommes prêts à soutenir toute initiative utile. N’en doutons pas, les difficultés qu’il faudra bientôt surmonter appellent des bonnes volontés partout dans le pays. ”

Christophe Béchu est maire LR d’Angers et sénateur du Maine-et-Loire ; Arnaud de Belenet est maire LR de Bailly-Romainvilliers, président de Val d’Europe et conseiller départemental de Seine-et-Marne ; Xavier Bonnefont est maire LR d’Angoulême ; Jean-Yves de Chaisemartin est maire UDI de Paimpol et vice-président du conseil départemental des Côtes d’Armor ; Alain Chrétien est maire LR de Vesoul et président de la communauté d’agglomération de Vesoul ; François Decoster est maire UDI de Saint-Omer et vice-président de la Région Hauts-de-France ; Vincent Delahaye est maire UDI de Massy et sénateur de l’Essonne ; Jean Dionis du Séjour est maire UDI d’Agen et président de la communauté d’agglomération d’Agen ; Dominique Faure est maire UDI de Saint-Orens de Gameville ; Brigitte Fouré est maire UDI d’Amiens et vice-présidente de la Région Hauts-de-France ; Louis Giscard d’Estaing est maire UDI de Chamalières; Patrick Leclerc est maire de Landerneau; Frédéric Leturque est maire UDI d’Arras et vice-président de la Région Hauts-de-France ; Pierre Méhaignerie est maire UDI de Vitré et président de Vitré Communauté ; Nicolas Méary est maire UDI de Brétigny-sur-Orge et vice-président du conseil départemental de l’Essonne ; Jean-Paul Michel est maire UDI de Lagny-sur-Marne et président de Marne-et-Gondoire, François-Xavier Priollaud est maire UDI de Louviers et vice-président de la Région Normandie ; Franck Reynier est maire UDI de Montélimar et président de Montélimar Agglomération ; Alexandra Rosetti est maire UDI de Voisins-le-Bretonneux​; Marie-Hélène Thoraval est maire LR de Romans-sur-Isère ; Frédéric Valletoux est maire LR de Fontainebleau et conseiller régional d’Ile-de-France ; Francisque Vigouroux est maire UDI d’Igny.

Discours du 14 Juillet 2017

La République, avec ses valeurs, ses symboles, ses institutions est un bien commun pour tous les Français et notre communauté nationale retrouve dans ces festivités du 14 juillet, l’un des ciments du Pacte républicain.

Il y a près de 140 ans, en 1880, il a été décidé que le 14 juillet deviendrait le jour de la Fête nationale. Ce jour-là, nous célébrons avant tout l’unité autour des valeurs et des emblèmes de la République, mais aussi le lien sacré entre l’armée et la nation. La nation, c’est cette conviction que nous avons à la fois un héritage partagé, mais également une communauté de destin.

Or, cette année, ces célébrations prennent un accent particulier. Rarement dans notre histoire récente, ressentons-nous de manière aussi vive qu’aujourd’hui, le besoin de défendre deux piliers de notre pays : la République et la Nation. Toutes deux confrontés à des défis et des menaces inédites.

Il y a un an, le 13 juillet 2016, j’évoquais le contexte du terrorisme. En pensant aux attentats de Paris et du Bataclan, j’évoquais ces attentats barbares qui venaient nous rappeller avec horreur que ce que nous considérions hier comme acquis, est en réalité fragile et précieux.

Et dès le lendemain, la ville de Nice était touchée et c’est la foule rassemblée sur la Promenade des Anglais qui était prise pour cible. Un choc pour le monde, un mode opératoire d’une violence inédite, des corps d’enfants et d’adultes blessés et tués dans un chaos effroyable, une marque au fer rouge dans nos mémoires qui aujourd’hui doit nous conduire à nous associer, ici et maintenant, à la cérémonie d’hommage qui sera organisée demain à Nice.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons répondre sans concession à ceux qui veulent nous diviser. Jamais nous ne devrons céder devant l’obscurantisme, jamais en France nous ne baisserons les yeux devant le fondamentalisme.

C’est ensemble, unis et solidaires que nous trouverons la force de rester digne : le droit contre la violence, la justice contre l’arbitraire, la solidarité face la haine, l’unité face au communautarisme.

Le défi qui nous est aujourd’hui lancé par l’histoire est de nous libérer du poids des souffrances passées, tout en entretenant la mémoire de ceux qui nous ont offert cette liberté. Souvent au prix de leur vie.

C’est lorsque nous sommes attaqués qu’il faut trouver au plus profond de notre histoire les ressources pour résister. Nos ainés l’ont fait, soyons tous ensemble leurs dignes héritiers.

La France d’aujourd’hui s’est construite tout au long d’une histoire heurtée, faite tout à la fois d’épisodes violents que de périodes prospères, d’heures glorieuses et de pages plus sombres. Mais voila, l’Histoire ne se découpe pas, elle est un tout. Un moteur pour certains, un souvenir pour d’autres.

Dans ce continuum, notre Ville vient particulièrement rappeler la richesse de ce passé. En choisissant de faire de Fontainebleau l’une de leur résidence, et ce pendant huit siècles, la monarchie et l’Empire ont fait de notre Ville, la ville avec Paris où s’est exercée le plus longtemps le pouvoir national. Quel beau symbole que nous soyons toujours avec Paris, l’une des Villes qui est fière de maintenir la tradition du défilé militaire à l’occasion de la Fête nationale.

Si je le rappelle ainsi aujourd’hui, ce n’est pas par esprit de forfanterie, mais bien pour dire à quel point je crois qu’ici, peut-être plus qu’ailleurs, nous devons être attachés à ce lien particulier qui, pour toujours, nous unit avec l’histoire.

La Royauté et l’Empire d’un côté, la République de l’autre. Il n’y a là, ni opposition, ni contradiction, mais seulement la conviction que ces époques sont aussi complémentaires sur plusieurs points. L’épopée napoléonienne s’est inscrite dans la continuité de l’aventure révolutionnaire, initiant un processus qui mettra près d’un siècle à accoucher d’une République stable.

N’oublions pas d’ailleurs ce que la République doit à l’Empire. Il suffit de se pencher sur l’origine des institutions que vous allez voir défiler dans quelques minutes pour vous en rendre compte.

C’est par exemple Napoléon 1er qui a crée la première organisation de pompiers professionnels. Les Sapeurs-pompiers de Fontainebleau-Avon en sont les héritiers.

Quant aux cavaliers du Centre sportif d’équitation militaire, ils bénéficient au quotidien de l’extraordinaire Manège de Sénarmont qui a aussi été créé par Napoléon 1er.

Et lorsque dans la foulée de cette cérémonie militaire, je distinguerai les 105 bacheliers qui il y a quelques jours ont obtenu la Mention Tres Bien dans les établissements de Fontainebleau, ils pourront toujours se souvenir que le bac dans sa version  moderne a été inventé par Napoléon 1er en 1808.

Nous devons être fiers de nos origines, elles sont le ciment de notre histoire commune. Ce passé qui nous lie est l’essence même du devoir que nous avons de construire un avenir ensemble. Et cet avenir, c’est l’Europe.

L’Europe est une force dans laquelle chacun doit trouver l’énergie de combattre les divisions.

L’Europe ce n’est pas seulement un territoire géographique, une idée abstraite, c’est un projet. Le projet de mieux vivre ensemble, de rassembler nos forces pour vivre dans un continent de paix et porteur de valeurs communes.

Ce projet était, entre autres, celui d’une femme bientôt au Panthéon, Simone Veil, avec sa vision novatrice de notre société et son idéal progressiste. Simone Veil s’était battue pour l’Europe, parce qu’elle croyait en cette chance qui nous était donnée. Pensons à ce qu’à travers une vie de combats et d’engagements elle nous lègue.

Mais l’Europe, c’est aussi l’ouverture. L’ouverture au monde, l’ouverture aux autres, une main tendue, une histoire à l’origine douloureuse mais aujourd’hui une fierté pour tous.

A l’occasion de notre Fête Nationale, je veux  particulièrement remercier la délégation allemande présente ici ce soir pour défiler. L’Allemagne qui depuis 60 ans a installé à Fontainebleau une délégation de la Bundeswehr, toujours fidele à nos cérémonies militaires et patriotiques.

Enfin, je voudrais profiter de votre présence Monsieur le Sous-Préfet, de vous Mesdames, Messieurs les Maires pour dire toute ma gratitude, ma reconnaissance, envers ceux qui offrent leurs vies pour sauver les nôtres. Merci de votre don à la Nation. J’ai à cette occasion, une pensée émue, pour tous les militaires de l’opération sentinelle qui veillent à notre sécurité, mais aussi pour les gendarmes, policiers et pompiers qui tous les jours oeuvrent pour notre sécurité.

Remercions également ensemble, Olga Perrier, originaire de Russie et qui a eu l’honneur d’être naturalisé il y a quelques jours, pour le brillant hommage qu’elle à rendu à sa nation, en chantant la Marseillaise.

Que cette artiste lyrique soit pour nous aujourd’hui l’emblème de cette France qui, fiere de ses valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, est une Nation qui continue à briller dans le Monde parce qu’elle sait faire vivre sa diversité, sait faire rayonner sa culture et a foi dans son avenir.

Vive la République, Vive la France et Vive l’Europe.

Élection présidentielle : Et maintenant ?

Pour la première fois depuis des décennies, le candidat de la droite et du centre ne sera pas présent au second tour d’une élection présidentielle. Cette défaite est un séisme pour notre camp politique.

Défenseur d’une droite à la fois humaniste, libérale et européenne, je voterai le 7 mai prochain sans état d’âme pour Emmanuel Macron, candidat le plus proche de mes valeurs republicaines, comme je l’ai annoncé dès dimanche soir. Ce vote ne sera pas un vote d’adhésion à son projet mais un vote de refus de voir l’extrême-droite prendre les rênes de notre pays.

Je vous invite d’ailleurs à lire ce texte rédigé avec des élus de la droite et du centre :

“Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle est, pour notre famille politique, un événement d’une importance considérable.

C’est même d’un tremblement de terre qu’il s’agit : pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, il n’y aura pas au second tour d’une élection présidentielle de candidat qui en sera issu.

Face à cette situation deux urgences s’imposent.

La première, et la plus immédiate, est de ne pas permettre l’élection de Marine Le Pen, de ne pas laisser triompher les idées contre lesquelles nous nous sommes toujours battus. Sa victoire, dont on aurait tort de penser qu’elle est totalement inimaginable, déclencherait une catastrophe économique et sociale dont les Français, et notamment les plus modestes, paieraient le prix très lourd et dont notre pays ne se relèverait pas. Nous ne voulons pas que la France perde tout crédit en Europe et dans le monde. Nous appelons donc, sans hésitation, à voter Emmanuel Macron et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l’aider à battre le Front national.

La deuxième, est que nous devons désormais repenser la façon dont nous portons les valeurs de liberté, de responsabilité, d’autorité de l’Etat et d’attachement à l’Europe. Le rétrécissement de la droite sur une ligne politique exclusivement identitaire et conservatrice nous apparait sans issue. Ce premier tour montre à l’évidence que le débat public ne peut plus reposer sur des clivages dans lesquels les Français ne se reconnaissent plus, ni sur des pratiques politiques clairement rejetées.

Nous savons que l’efficacité de l’action publique repose sur la capacité à rassembler et à dépasser les postures. Ce premier tour nous oblige à envisager l’avenir de notre pays avec un regard neuf. Nous espérons que notre famille politique saura comprendre cette nécessité.”

Signataires :

Benoist Apparu, Maire de Châlons-en-Champagne,
Stéphane Beaudet, Maire de Courcouronnes, Christophe Béchu, Maire d’Angers,
Xavier Bonnefont, Maire d’Angoulême,
Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement de Paris,
Pascal Coste, Président du Département de Corrèze,
Arnaud Danjean, Député Européen,
Gérald Darmanin, Maire de Tourcoing,
François Decoster, Maire de Saint Omer, Guillaume Delbar, Maire de Roubaix,
Franck Dhersin, Maire de Teteghem,
Eric Durand, Maire de Mouvaux,
François Durovray, Président du Département de l’Essonne,
Fabienne Keller, Sénatrice du Bas-Rhin,
Frédéric Leturque, Maire d’Arras,
Gaël Perdriau, Maire de Saint-Etienne,
Edouard Philippe, Maire du Havre,
Sébastien Lecornu, Président du Département de l’Eure,
Constance de Pélichy, Maire de la Ferté Saint-Aubin,
Agnès Poussier-Winsback, Maire de Fécamp,
Véronique Pouzadoux, Maire de Gannat,
Karl Olive, Maire de Poissy,
Philippe Rapeneau, Président de la Communauté urbaine d’Arras,
Boris Ravignon, Maire de Charleville-Mézières,
Franck Riester, Maire de Coulommiers,
Arnaud Robinet, Maire de Reims,
Matthieu Schlesinger, Maire d’Olivet,
Thierry Solère, Député des Hauts-de-Seine,
Frédéric Valletoux, Maire de Fontainebleau

La Méditerranée, cette absence qui ne laisse rien présager de bon

J’ai cosigné le 7 avril dernier dans L’Opinion une tribune avec un collectif de 23 maires et élus locaux de droite et du centre, dont Édouard Philippe (Le Havre), Gérald Darmanin (Tourcoing), Laurent Marcangeli (Ajaccio), Franck Riester (Coulommiers), Benoist Apparu (Châlons-en-Champagne) ou Arnaud Robinet (Reims)… où nous déplorons que la question méditerranéenne ne soit pas abordée lors de cette campagne présidentielle.

« On dirait qu’un cataclysme a brusquement déplacé l’axe du monde. Depuis 60 siècles il se trouvait au sud du continent, et le voilà fixé au Nord ». Ces mots furent écrits il y a près de cent ans par Henri Pirenne, historien belge précurseur de ce que l’on appellera l’Ecole des Annales dans un article fameux intitulé Mahomet et Charlemagne. Il y avançait l’idée que la conquête musulmane, en rompant l’unité méditerranéenne acquise depuis l’empire Romain, avait permis la constitution de l’Europe « carolingienne », c’est-à-dire l’émergence de la civilisation européenne telle que nous l’avons connue.

Mille deux cents ans après ce « basculement », nous peinons à comprendre ceux qui vont faire le monde de demain. L’exercice est, il faut le reconnaître, délicat. Mais essayons-nous seulement ? Nous posons-nous les bonnes questions ? L’avenir n’est certes écrit nulle part, mais il n’est pas absurde de s’y préparer malgré tout ! D’autant qu’il est déjà confusément contenu dans des transitions lourdes, engagées depuis plusieurs années, et que l’on peut raisonnablement prendre en compte dès maintenant.

La Méditerranée, par exemple. Elle a été notre mer commune pendant « 60 siècles », faisant naître sur ses rives les plus grandes civilisations et les œuvres plus remarquables de l’esprit humain ; puis une frontière et un champ de bataille entre Chrétienté et Islam pendant mille ans ; elle a été réunifiée par la force de la colonisation pendant un siècle. Elle est maintenant à l’heure de choix qui ne dépendent pas que de nous, Français et Européens, mais qui en dépendent en partie.

Que sont les réalités méditerranéennes ? La rive « sud », dans laquelle il convient de compter la Turquie, est sur « l’arc des conflits » qui s’étend du Maghreb au Caucase et à l’Asie centrale ; elle est empoisonnée depuis des décennies par le conflit israélo-arabe ; et toutes les sociétés musulmanes sont traversées par des tensions incroyablement fortes, allant jusqu’aux guerres civiles, entre forces modernistes et réactionnaires, tenants de l’ouverture ou du repli sur soi, espérances démocratiques et utopies religieuses totalitaires. La rive nord est celle de la démocratie libérale européenne, pacifique mais touchée par la crise, où montent les crispations identitaires et en panne de projet politique fédérateur.

Autour de cette mer commune, des hommes. De 1970 à 2000, la population des pays riverains est passée de 285 à 427 millions. De 2000 à 2025, elle se sera accrue de 100 millions supplémentaires, augmentation qui est essentiellement celle de la rive sud, africaine et asiatique : l’Europe méditerranéenne représentait 65 % de la population totale en 1950 ; elle ne compte que pour 40 % actuellement, et ce chiffre descendra à 35 % d’ici trente ans. Au Nord, l’urbanisation des côtes, la pression touristique et agricole sur les espaces naturels, les risques environnementaux ; au Sud, les mêmes maux, auxquels s’ajoute l’absence de débouchés et d’avenir pour des millions de jeunes.

Les ressources ne sont pas non plus réparties de façons égales : l’eau est au nord. La rive européenne détient 70 % des ressources du bassin méditerranéen, là où la rive sud comptera, à l’horizon 2050, près de 70 % de la population. Et la situation risque de s’aggraver plus rapidement encore si le risque climatique se confirme.

Nous parlons de nos rapports avec la Méditerranée du Sud en termes de sécurité, et c’est indispensable : le totalitarisme islamique nous fait la guerre, et la guerre civile fait rage à nos portes ; l’immigration, si elle devient incontrôlable, peut devenir une menace existentielle. Nous en parlons en termes moraux, et c’est bien : l’Europe ne serait pas l’Europe, et la France certainement pas la France, si nous ménagions nos efforts en faveur de la paix dans les pays du sud méditerranéen ou si nous nous enfermions dans l’indifférence face aux drames humanitaires en cours. En 2014, plus de 75 % des migrants qui sont morts dans le monde ont péri en Méditerranée !

Mais qui en parle en termes d’opportunités, de chance, et d’intérêt bien compris ? Pourquoi la question de nos relations avec la Russie, importante évidemment, en vient-elle à prendre autant de place dans notre débat démocratique au détriment de ce qui se passe à notre véritable, immédiate et plus dangereuse frontière : la rive sud de la Méditerranée ? Seul le candidat de la gauche radicale, notons-le, aborde régulièrement cette question, ce qui nous incite à saluer sa hauteur de vue mais certainement pas à acquiescer à ses solutions.

Où est la vision d’un Jacques Chirac, initiateur du processus de Barcelone en 1995 ? Où est le volontarisme d’un Nicolas Sarkozy, qui a en 2007 l’intuition formidable d’une Union pour la Méditerranée ? Qui formulera un projet faisant de la France le pivot de ce défi essentiel pour, excusez du peu, l’Europe, l’Afrique et le Moyen Orient ? Comment s’atteler à améliorer dans notre mer commune la gestion des ressources halieutiques et la lutte contre les pollutions, les échanges scientifiques et la politique énergétique, en particulier dans le domaine du solaire, la préservation d’un patrimoine historique gigantesque et souvent commun à tous nos pays, la culture et l’aide au « désenclavement » culturel : le monde arabe, et ses 400 millions d’habitants, traduit chaque année cinq fois moins d’ouvrages étrangers que la Grèce et ses 11 millions d’habitants ! Moins de 1 % de ce qui est traduit en France l’est de l’arabe, malgré l’importance des liens historiques et humains que nous avons avec ce bassin culturel. Comment faire tomber les préjugés et surmonter l’hostilité quand on ne lit jamais ce qu’écrit l’autre ?

Ces chantiers gigantesques doivent être ouverts. C’est l’intérêt de la France d’être en avance sur ces sujets. Encore faut-il que quelqu’un ait cette vision et nous propose de refaire de notre mer commune, à nouveau, un « axe du monde ». Que ces questions soient absentes de la campagne présidentielle ne laisse rien présager de bon ni de grand.

Edouard Philippe est maire (LR) du Havre, Gérald Darmanin est maire (LR) de Tourcoing, Laurent Marcangeli est maire (LR) d’Ajaccio, Jean Rottner est maire (LR) de Mulhouse, Franck Riester est maire (LR) de Coulommiers, Alain Chrétien est maire (LR) de Vesoul, Sébastien Lecornu est président (LR) du conseil départemental de l’Eure, Marie-Agnès Poussier-Winsback est maire de Fécamp, Matthieu Schlesinger est maire (LR) d’Olivet, Frédéric Valletoux est maire (LR) de Fontainebleau, Benoist Apparu est maire de Châlons-en-Champagne, Christophe Béchu est maire (LR) d’Angers, Arnaud Robinet est maire (LR) de Reims, Gil Avérous est maire (LR) de Châteauroux, Boris Ravignon est maire (LR) de Charleville-Mézières, Philippe Rapeneau est président (LR) de la communauté urbaine d’Arras, Xavier Bonnefont est maire (LR) d’Angoulême, Gaël Perdriau est maire (LR) de Saint-Etienne, Guillaume Delbar est maire (LR) de Roubaix, Frédéric Leturque est maire (UDI) d’Arras, Véronique Pouzadoux est maire (LR) de Gannat, Constance de Pelichy est maire (LR) de La Ferté St Aubin, Thierry Solère est président du groupe LR de la Région Ile-de-France.

Discours du 11 novembre 2016

11-novembre-2016

Monsieur le Sous-Préfet,                                                                                       Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires,   Mesdames et Messieurs les représentants des Anciens Combattants,             Mesdames et Messieurs les élus,                                                                           Mesdames et Messieurs, mes chers concitoyens,

A l’échelle de nos vies, 100 ans c’est un horizon lointain. Mais qu’est-ce que 100 ans à l’échelle de l’Histoire et surtout de nos mémoires et de nos consciences ? Souvenons-nous une fois de plus ce matin des événements du siècle dernier et en particulier de ce drame que fut la première guerre mondiale.

Ce conflit qui déchira l’Europe et une bonne partie du monde entre 1914 et 1918 occupe encore, quelques années après la disparition des derniers combattants survivants des tranchées, dans nos cœurs et dans notre mémoire collective, une place particulière.

D’abord par l’ampleur du bilan humain et des pertes : 9 millions de morts et 6 millions de mutilés dans toute l’Europe. La France sort de cette guerre meurtrie et ruinée: 1 400 000 morts dont 600 000 victimes civiles; 630 000 veuves et 700 000 orphelins de guerre. Plus de 3 millions de blessés, de mutilés, d’aveugles, de gazés. Ces chiffres qui donnent le tournis et qui sont sans commune mesure avec les conflits que notre monde avait connu jusque-là.

Car, et c’est la seconde raison qui rend cette période si particulière à nos yeux plus d’un siècle après : avec la 1ère guerre mondiale, nous apercevons véritablement pour la première fois ce que seront les guerres du 20ème siècle : sanglantes avec leurs lots de victimes civiles et plus seulement de soldats, totales avec une mobilisation du front mais aussi de l’arrière ou tout l’appareil productif est tourné vers l’effort de guerre, globale avec des ramifications sur l’ensemble de la planète et plus simplement sur le territoire d’un seul pays ou même d’un seul continent.

Alors que nous célébrions cette année le centième anniversaire de la terrible bataille de Verdun, nous avons tous en tête aujourd’hui cette formule de Schopenhauer :                 « L’Histoire est pour un Peuple ce que la Conscience est pour un Homme. Un Peuple qui oublie son histoire est comme un Homme qui perd sa conscience ».

Voilà en une phrase résumée tout le sens de ces commémorations : le souvenir qui se mue en une vision et une volonté commune. Celle d’abord de la transmission d’une mémoire, ce fil qui relie les générations entre elles et cimente une nation – je suis à ce titre particulièrement fiers que nous puissions compter à Fontainebleau, sur une implication importante de nos élèves de collège et lycée à travers les lectures de deux textes forts tout à l’heure mais aussi à travers la prestation de nos jeunes et talentueux musiciens.

Une vision et une volonté commune d’affronter l’avenir avec détermination, dignité et lucidité également. Un siècle après la Grande Guerre, le contexte est bien évidemment radicalement différent : les impérialismes conquérants des grandes puissances européennes qui ont déchiré notre continent au cours de la première moitié du 20ème siècle n’existent plus. L’Europe occidentale n’a plus connu la guerre sur son sol depuis plusieurs décennies.

Oserait-on en conclure que les menaces n’existent plus ? Bien évidemment non. Et chacun d’entre nous garde en tête ce que nous avons vécu il y a tout juste un an, à Paris, si près d’ici.

Nous sommes face à un nouvel ennemi, une nouvelle menace. Diffuse, protéiforme, souvent insaisissable. Faible dans ses moyens d’actions – si l’on la compare aux armées conventionnelles – mais redoutable dans sa capacité à frapper les esprits, à nous saisir d’effroi et par là, à tenter de nous diviser.

Face à cette menace, la réponse, c’est la République, c’est la Nation et ses valeurs. Notre arme ce sont aussi, je tiens à leur rendre hommage, ces hommes et ces femmes qui ont fait le choix de mettre leur vie en jeu pour nous protéger : armée, police, gendarmerie… Nous savons ce que nous leur devons, nous mesurons le prix qu’ils paient parfois, trop souvent, pour assurer notre sécurité. J’ai aujourd’hui une pensée pour nos soldats tués sur les différents champs d’opération dont le dernier en date il y a tout juste une semaine, sous-officier du 515e régiment du train de la Braconne, tombé au Mali le 5 novembre 2016.

Une pensée également pour nos forces de Police et Gendarmerie qui font leur métier aujourd’hui dans des conditions extrêmement difficiles sans toujours bénéficier de toute la reconnaissance qu’elles mériteraient.
S’il est un enseignement que nous devons tirer de la première guerre mondiale, alors même que près d’un siècle s’est écoulé depuis, c’est précisément le fait que notre vieux continent, s’il est fragmenté, s’il est morcelé par les égoïsmes nationaux, s’il succombe à la tentation du repli sur soi, alors il court un grand danger.

La grande idée d’une unification des États Européen, qui a commencé à poindre au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, même s’il a fallu attendre plusieurs décennies pour qu’elle se concrétise, cette grande idée d’une Europe unie est aujourd’hui mise à mal, en panne, incapable de trouver une réponse aux nouveaux défis de ce siècle. Mais ne nous y trompons pas, malgré ses carences, ses insuffisances, c’est bien dans le renforcement de nos liens entre nations européennes que nous trouverons les réponses à ces défis.

Dans une période difficile, troublée, il est à mon avis indispensable et urgent de donner à ce projet européen – qui nous a apporté la paix – un nouvel élan. Ce serait, je crois, une belle façon de rendre hommage, au-delà des discours et des cérémonies, à toutes les victimes des conflits passés, à tous ceux qui sont morts après s’être battus avec une idée en tête : qu’à la guerre succéderait la paix, qu’au choc des armes succéderait la concorde entre les hommes…
Soyons à la hauteur de leur sacrifice.

Je vous remercie de votre attention.

Migrants : dernières nouvelles

Chers Bellifontains,

Conformément à mon engagement de vous transmettre au fur et à mesure les informations dont je dispose sur cette affaire, voici un 3eme message pour vous donner quelques nouvelles sur l’ouverture prochaine d’un centre d’hébergement temporaire pour migrants à Fontainebleau et sur les conditions de leur installation.

À ma demande, je me suis rendu avec ma 1ère adjointe, Caroline Philippe, à la caserne Damesne où nous avons pu rencontrer les services de l’État (M. le Sous-Préfet et M. le Directeur Départemental de la Cohésion Sociale) et surtout les équipes de la Croix-Rouge, qui, comme je vous l’annonçais il y a quelques jours, ont été chargées par l’Etat de la gestion du site.

D’une manière générale, les personnes de la Croix-Rouge que j’ai pu rencontrer m’ont fait bonne impression. Ce sont visiblement des personnes d’expérience, avec une approche à la fois humaine et réaliste, tout à fait en capacité d’assurer le bon fonctionnement de ce site au quotidien.

Sur les conditions d’occupation : toute la caserne ne sera pas occupée, seuls trois bâtiments annexes le seront. Le périmètre sera délimité de manière à ce que le reste de la caserne ne soit pas accessible. C’est une entreprise de restauration collective qui livrera tous les jours des repas.

Sur les conditions d’entrées et de sorties, elles seront visiblement strictes. La Croix-Rouge est en train d’installer des portiques d’entrée et de sortie pour filtrer et contrôler les allées et venues. Sauf autorisation expresse, il nous a été dit que seules les personnes accueillies auront le droit de pénétrer dans l’enceinte du centre d’hébergement (contrôle vidéo à l’entrée, carte d’accès).

Ce centre n’est bien sûr pas un centre de rétention, donc les allées et venues seront libres, mais la Croix-Rouge veillera à ce que des règles de vie commune soient respectées, par exemple l’interdiction d’accès aux autres bâtiments de la caserne Damesne ou l’interdiction d’absences longues pour les personnes hébergées au risque d’une exclusion du centre d’hébergement ce qui mettrait aussi fin à l’accompagnement et la prise en charge qui seront proposés à chacun par les services de la Croix-Rouge. G En permanence, aussi bien la nuit que le jour, des personnels de la Croix-Rouge seront présents sur le site.

Concernant le type de personnes qui seront accueillies, il devrait s’agir très majoritairement de personnes isolées, hommes ou femmes, plutôt que des familles. Il faut rappeler que ces personnes, normalement, ne devraient pas venir directement de Calais mais plutôt de l’évacuation de campements sauvages parisiens.

Je veux également rappeler que tous les coûts engendrés par l’ouverture et le fonctionnement quotidien de ce centre sont entièrement pris en charge par l’État, et non par la Ville. De la même manière, contrairement à certaines rumeurs, la Ville ne touchera pas un seul euro dans le cadre de cet accueil.

Il faut redire que l’ouverture de ce centre pour un an est une décision de l’Etat, dans des locaux qui lui appartiennent, et que c’est lui qui rémunère la Croix-Rouge pour le travail d’accueil et d’accompagnement.

Je rappelle aussi que dès lors que les personnes accueillies s’engagent dans une démarche de demande d’asile, elles ont droit à des aides de première nécessité de la part de l’État. En revanche, contrairement à ce qui peut se dire parfois, tant que leur statut administratif nest pas clarifié, elles ne peuvent bénéficier ni du RSA, ni de l’aide au logement, ni des allocations familiales, ni du droit à un logement social.

Depuis plusieurs semaines, de nombreux bellifontains m’ont fait part de leur souhait de s’investir pour proposer leur aide et contribuer à ce que cette installation se passe pour le mieux. Je veux les en remercier.

Si la Croix-Rouge n’a pour le moment pas exprimé de besoins spécifiques, ils ont pris bonne note de cette proposition. Lorsque ce centre sera en fonctionnement, nous pourrons certainement coordonner toutes ces bonnes volontés. En attendant, vous pouvez m’adresser par mail les demandes à participer à d’éventuelles actions bénévoles, sur mon mail maire@fontainebleau.fr

Ces propositions spontanées sont venues me rassurer sur l’état d’esprit majoritaire des Bellifontains, qui m’ont dit leur souhait que les choses se passent au mieux, dans un état d’esprit de responsabilité et avec humanité. Et ce, quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de la politique du gouvernement en matière de lutte contre l’immigration clandestine, et au-delà des rumeurs, manipulations et fausses informations qui pullulent sur les réseaux sociaux largement relayées par une petite minorité.

Normalement, les premières personnes sont attendues dans le courant de la semaine prochaine. Je n’ai à ce jour connaissance d’aucune date plus précise.

Une fois ce Centre d’hébergement en fonctionnement, je proposerai une réunion publique de manière à répondre à toutes les questions qui légitimement peuvent se poser. D’ici là, n’hésitez pas à m’adresser un mail plutôt que de prêter attention aux manipulations en tous genres.

Une fois de plus, face à l’agitation de ceux dont le fond de commerce est d’agiter les peurs, de faire de ces personnes des boucs-émissaires et de monter les uns contre les autres, ce qui se joue à Fontainebleau ce n’est pas de régler les désordres du Monde ou de pallier les carences des politiques nationales (il y a bientôt des élections pour ça), mais de faire en sorte que l’accueil de 150 migrants, pendant une période annoncée d’un an, se passe le mieux possible.

Comptez sur moi pour rester vigilant et attentif sur ce dossier, sans naïveté mais avec humanité. Je continuerai à vous informer de manière transparente et régulière.

Bien a vous,

Frédéric Valletoux

Migrants : se montrer à la hauteur des enjeux

Mis en avant

Chers amis,

Le 22 septembre, je vous informais de la décision prise par le Préfet de la région Ile-de-France d’installer à Fontainebleau une structure d’hébergement provisoire destinée à accueillir des demandeurs d’asile. J’avais aussi indiqué que, s’agissant d’une compétence régalienne, l’État avait pris cette décision seul et aurait pu tout à fait agir sans en informer la Ville. Placé devant le fait accompli, j’ai immédiatement saisi le Préfet de Région pour entamer avec lui un dialogue ouvert et transparent, afin de trouver les solutions les moins préjudiciables possibles.

Sans disposer encore d’informations précises sur le délais de mise en oeuvre de tout cela, j’ai réussi à obtenir de la part des autorités de l’Etat un certain nombre de garanties : D’une part, sur le caractère provisoire et temporaire de cet accueil à Fontainebleau. Ainsi, il m’a été confirmé qu’en aucun cas Fontainebleau n’hébergerait de site permanent voué à l’accueil de migrants. D’autre part, sur la gestion quotidienne de ce centre d’hébergement, j’ai obtenu de l’État un encadrement permanent par une structure professionnelle, spécialisée, et qui a déjà l’expérience nécessaire. C’est la Croix Rouge qui assurera ce rôle.

In fine, fort de ces garanties, je peux envisager plus sereinement l’utilisation de la caserne Damesne. En effet, j’ai pris acte dans le même temps de la volonté de l’État de vendre cette caserne le plus vite possible. J’en veux pour preuve le lancement il y a quelques semaines de la procédure de vente par le service des domaines.

Sur le fond, chacun est libre de ses opinions concernant l’accueil de ces populations. Je comprends parfaitement que l’installation d’une structure d’hébergement, même provisoire, puisse susciter chez certains des interrogations, des doutes ou des craintes.

Néanmoins, je veux rappeler que sur cette question un certain nombre de devoirs s’imposent à nous en tant que citoyens et s’imposent à moi en tant que maire et élu de la République :

Devoir d’humanité et de charité vis-à-vis d’hommes, de femmes, et parfois d’enfants fuyant pour certains la guerre et la barbarie et qu’on ne peut laisser sans aucune assistance.

Devoir de solidarité vis-à-vis d’autres communes en Ile-de-France qui font face à un afflux trop important de ces populations, voire à l’installation de campements sauvages.

Devoir de responsabilité, enfin, car la France est signataire de conventions internationales encadrant l’exercice et les procédures du droit d’asile auxquelles nous ne pouvons nous soustraire.

Ceci étant dit, si nous devons nous montrer dignes, humains et responsables, cela ne saurait pour autant être synonyme d’angélisme ou de naïveté. Il est par exemple impératif que les services de l’État engagent au plus vite, et avec célérité, le suivi administratif de toutes les personnes qui vont être hébergées à Fontainebleau. Il est impératif aussi que l’ensemble des services de l’Etat (sociaux, de sécurité…) soient mobilisés pour que tout se passe bien.

Je souhaite que chacun se montre digne de la situation et fasse preuve de responsabilité et d’humanité pour refuser toutes les provocations et attitudes inappropriées. L’outrance ou la désinformation, qu’elles soient assumées ou involontaires, ne peuvent que déboucher sur des tensions inutiles.

Je suis persuadé que nous saurons ensemble relever ce défi avec sérénité, coeur et honneur.”

FrédéricValletoux

FREDERIC VALLETOUX REELU A LA PRESIDENCE DE LA FEDERATION HOSPITALIERE DE FRANCE

COMMUNIQUE DE PRESSE – 28 Septembre 2016

Le conseil d’administration de la Fédération hospitalière de France (FHF) a réélu ce matin le président sortant, Frédéric Valletoux, à la tête de la Fédération et ce pour un mandat de trois ans. Frédéric Valletoux entend continuer à porter haut et fort la voix de l’hôpital public et des établissements médico-sociaux dans un esprit de rassemblement et de dépassement des clivages.

Le président sortant a été élu contre le neurologue Olivier Véran dont il a salué l’engagement en faveur du service public de santé.

Agé de 50 ans, Frédéric Valletoux est ancien journaliste, maire « Les Républicains » de Fontainebleau, conseiller régional d’Ile-de-France et président du conseil de surveillance de son l’hôpital..

Pour mener à bien son nouveau mandat de président de la FHF, Frédéric Valletoux a indiqué qu’on pouvait compter sur son engagement fort et a rappelé ses nombreuses prises de position (pour défendre la fin de la convergence tarifaire, une plus forte régulation de l’installation des médecins ou encore pour réintroduire dans la loi l’existence d’un service public un et indivisible).

Une présidence sous le signe de l’ouverture

Le projet porté par Frédéric Valletoux pour son nouveau mandat s’inscrit dans le droit fil des chantiers déjà menés et, surtout, dans une posture d’ouverture. « L’ouverture de nos travaux a été et va continuer à être la marque de ma présidence. Cette ouverture résolue s’adresse aux médecins, au secteur médico-social, aux soignants, au secteur de la santé mentale, aux représentants des usagers. Elle est aussi dans la gouvernance de notre fédération que je souhaite rassemblée et indépendante à la fois », a-t-il indiqué.

Susciter la confiance

Sens et confiance sont deux mots clés de la nouvelle présidence de la FHF. « L’hôpital est aujourd’hui fragilisé, je souhaite qu’on le redonne du sens aux réformes et afficher une vision offensive de ce qui est l’essence du service public hospitalier et de ce qu’il apporte à nos concitoyens. Cela ne peut se faire sans faire le choix d’une confiance forte dans les professionnels de santé, capables d’une belle inventivité, d’une énergie qu’il s’agit d’apprécier à sa juste valeur et de libérer ».

Parmi les priorités avancées dans sa profession de foi : la proximité territoriale (en métropole et en outremer) et l’accès aux soins, la recherche et l’innovation ainsi que l’investissement. L’objectif est de surprendre les interlocuteurs de la FHF quant à la capacité de cette dernière à proposer des solutions pour adapter aux défis de demain les quelque 1 000 établissements publics de santé et 3 8000 établissements médico-sociaux qu’elle représente.