Discours – Inauguration de la plaque du carrefour de la médaille militaire Fontainebleau – 7 septembre 2018

Monsieur le Sous-Préfet,
Madame la Députée, Chère Valérie,
Monsieur le président de la communauté d’agglomération, Cher Pascal,
Messieurs les Maires,
Messieurs les Officiers,
Monsieur le Président de la 47eme section de la Médaille Militaire, cher Christophe Blanluet,
Cher Président d’honneur de la cette 47eme section de la Médaille Militaire, Cher Michel Coutherut,
Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs les représentants d’associations d’anciens combattants,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux que vous soyez présents si nombreux, pour inaugurer ce « carrefour de la médaille militaire ».

Je me réjouis de cet instant et veux lui donner une certaine solennité ; et ce, pour au moins deux raisons.

En premier lieu, avoir fait le choix de baptiser un carrefour du nom de la Médaille militaire, s’inscrit dans la droite ligne de l’attention que je porte à veiller à ce que les liens soient permanents entre notre Histoire passée, d’une part, et le travail fait pour inscrire Fontainebleau dans son époque, en la modernisant et en l’adaptant autant que possible au monde de demain, d’autre part.
Lorsque le 8 mai 2012, j’inaugurais avec Michel Coutherut la place des Combattants Morts pour la France, c’était avec la volonté d’honorer ceux qui, l’arme à la main, avaient donné leur vie pour notre pays.

Lorsque le 12 février 2014, j’inaugurais la Place de la Légion d’Honneur, c’était pour honorer un ordre qui avait créée par Napoléon 1er, personnalité historique s’il en est qui a profondément et durablement marqué Fontainebleau.

Cette attention portée à marquer l’évocation du passé et tenter de donner aux jeunes générations des clés de compréhension, elle est permanente. C’est par exemple, le soin apporté à notre patrimoine, je pense aux travaux colossaux entrepris à l’Eglise. C’est la création de la Revue d’Histoire de Fontainebleau il y a maintenant 7 ans, animée par Hélène Maggiori. C’est l’aide apportée à tous ceux qui, dans notre Ville, se sont donnés pour mission d’entretenir le souvenir…

C’est aussi, l’importante commémoration qui va se dérouler le week-end du 10 et 11 novembre autour du bicentenaire de la fin de la 1ere Guerre Mondiale. Trois jours de commémorations, des concerts, des expositions, projection de film, orchestrés par Odile Jacquin et Hélène Maggiori, avec comme fil rouge la Paix et de la Fraternité. A cette occasion, nous aurons le grand honneur de recevoir une délégation de nos villes jumelles, et notamment le maire de Constance au cours d’une cérémonie officielle le vendredi 9 novembre au soir à laquelle vous serez tous conviés.

Veiller à ne surtout pas rompre les fils du passé, mais au contraire les fortifier pour donner du sens à notre avenir, Pour cette première raison, la cérémonie d’aujourd’hui est importante.
La seconde raison est le sens que revêt le choix d’honorer la Médaille militaire.

Certains d’entre vous doivent penser en leur for intérieur de ce choix doit beaucoup à la ténacité, au sens de persuasion de Michel Coutherut. Nous savons tous à quel point cet homme-là est un infatigable représentant de la Médaille militaire, mais surtout un infatigable défenseur des valeurs patriotiques. Nous savons tous aussi à quel point quand cet homme-là une idée en tête, comme on dit, il ne l’a pas ailleurs…

Au-delà, même si bien sûr, cette démarche de baptiser ainsi ce carrefour lui doit beaucoup, elle s’est imposée car il est vite apparu comme une évidence d’honorer la Médaille militaire, et surtout, à travers elle, ceux qui en sont décorés.

Est-on sûrs, tous, de bien savoir ce qu’est la Médaille militaire ?
Rappelons d’abord qu’elle n’est décernée qu’à des militaires. Il y a bien sûr, comme pour toute règle française, quelques exceptions. De très rares civils ont en effet pu être décorés de la médaille militaire, et non des moindres, puisqu’on peut citer parmi ces cas très exceptionnels, Winston Churchill ou encore le président américain Roosevelt.

Après la Légion d’honneur et l’ordre de la Libération, la Médaille militaire est la troisième décoration nationale par ordre de préséance. Instituée en 1852 par Napoléon III, il était donc comme une première évidence que Fontainebleau, « ville impériale », se devait d’avoir un lieu qui lui est dédié.

Voici comment le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte s’adresse aux tous premiers récipiendaires :

« Soldats, combien de fois ai-je regretté de voir des soldats et des sous-officiers rentrer dans leurs foyers sans récompense, quoique par la durée de leurs services, par des blessures, par des actions dignes d’éloges, ils eussent mérité un témoignage de satisfaction de la patrie ! C’est pour le leur accorder que j’ai institué cette médaille. Elle assurera 100 francs de rente viagère ; c’est peu, certainement ; mais ce qui est beaucoup, c’est le ruban que vous porterez sur la poitrine et qui dira à vos camarades, à vos familles, à vos concitoyens que celui qui la porte est un brave. »

Dépourvue de grade, cette distinction met à égalité tous ceux à qui elle est attribuée. Elle n’est attribuée par le Président de la République, sur proposition du ministre de la Défense, que pour des services militaires exceptionnels.

Je sais que les combattants sont souvent humbles, mais les porteurs de cette médaille, reconnaissable à son ruban jaune entouré de liserés vert clair, peuvent être fiers. Fiers d’avoir servi la Patrie. Fiers d’avoir honoré ses couleurs.

La vie, la liberté, la fraternité… ceux qui reçoivent la Médaille militaire donnent sens à nos valeurs. Ils sont la République. Nous leur devons tant. Bien sûr, la France connaît la Paix. Mais n’oublions jamais que chaque jour, à l’instant même où je vous parle, des milliers de soldats français sont engagés dans le monde. Justement, pour garantir notre paix et défendre nos valeurs.

La Paix est fragile. Si nous avons construit la Paix avec nos ennemis d’hier, c’est grâce à l’Europe. Elle aussi est fragile. Dans de nombreux pays, les extrémismes montent et parfois accèdent même au pouvoir. Pourtant, face aux grands défis contemporains, je crois que nous devons rester unis pour les relever. Et au-delà des discours, des cérémonies et des inaugurations, le plus bel hommage que nous pouvons rendre à nos libérateurs que j’évoquais tout à l’heure, aux victimes de tous les conflits passés, aux héros secrets des combats d’aujourd’hui, c’est de donner un nouvel élan au projet humaniste qu’est l’Europe.

Je veux terminer en m’adressant aux représentants d’associations d’anciens combattants, aux porte-drapeaux si nombreux ce matin, aux officiers représentants les autorités militaires et à ceux qui portent la médaille militaire. Pour votre engagement, pour votre courage, vous méritez notre respect, vous méritez nos applaudissements. Au nom de ce que je représente, en mon nom personnel : Merci !
Vive la République, vive la France.