Migrants : dernières nouvelles

Chers Bellifontains,

Conformément à mon engagement de vous transmettre au fur et à mesure les informations dont je dispose sur cette affaire, voici un 3eme message pour vous donner quelques nouvelles sur l’ouverture prochaine d’un centre d’hébergement temporaire pour migrants à Fontainebleau et sur les conditions de leur installation.

À ma demande, je me suis rendu avec ma 1ère adjointe, Caroline Philippe, à la caserne Damesne où nous avons pu rencontrer les services de l’État (M. le Sous-Préfet et M. le Directeur Départemental de la Cohésion Sociale) et surtout les équipes de la Croix-Rouge, qui, comme je vous l’annonçais il y a quelques jours, ont été chargées par l’Etat de la gestion du site.

D’une manière générale, les personnes de la Croix-Rouge que j’ai pu rencontrer m’ont fait bonne impression. Ce sont visiblement des personnes d’expérience, avec une approche à la fois humaine et réaliste, tout à fait en capacité d’assurer le bon fonctionnement de ce site au quotidien.

Sur les conditions d’occupation : toute la caserne ne sera pas occupée, seuls trois bâtiments annexes le seront. Le périmètre sera délimité de manière à ce que le reste de la caserne ne soit pas accessible. C’est une entreprise de restauration collective qui livrera tous les jours des repas.

Sur les conditions d’entrées et de sorties, elles seront visiblement strictes. La Croix-Rouge est en train d’installer des portiques d’entrée et de sortie pour filtrer et contrôler les allées et venues. Sauf autorisation expresse, il nous a été dit que seules les personnes accueillies auront le droit de pénétrer dans l’enceinte du centre d’hébergement (contrôle vidéo à l’entrée, carte d’accès).

Ce centre n’est bien sûr pas un centre de rétention, donc les allées et venues seront libres, mais la Croix-Rouge veillera à ce que des règles de vie commune soient respectées, par exemple l’interdiction d’accès aux autres bâtiments de la caserne Damesne ou l’interdiction d’absences longues pour les personnes hébergées au risque d’une exclusion du centre d’hébergement ce qui mettrait aussi fin à l’accompagnement et la prise en charge qui seront proposés à chacun par les services de la Croix-Rouge. G En permanence, aussi bien la nuit que le jour, des personnels de la Croix-Rouge seront présents sur le site.

Concernant le type de personnes qui seront accueillies, il devrait s’agir très majoritairement de personnes isolées, hommes ou femmes, plutôt que des familles. Il faut rappeler que ces personnes, normalement, ne devraient pas venir directement de Calais mais plutôt de l’évacuation de campements sauvages parisiens.

Je veux également rappeler que tous les coûts engendrés par l’ouverture et le fonctionnement quotidien de ce centre sont entièrement pris en charge par l’État, et non par la Ville. De la même manière, contrairement à certaines rumeurs, la Ville ne touchera pas un seul euro dans le cadre de cet accueil.

Il faut redire que l’ouverture de ce centre pour un an est une décision de l’Etat, dans des locaux qui lui appartiennent, et que c’est lui qui rémunère la Croix-Rouge pour le travail d’accueil et d’accompagnement.

Je rappelle aussi que dès lors que les personnes accueillies s’engagent dans une démarche de demande d’asile, elles ont droit à des aides de première nécessité de la part de l’État. En revanche, contrairement à ce qui peut se dire parfois, tant que leur statut administratif nest pas clarifié, elles ne peuvent bénéficier ni du RSA, ni de l’aide au logement, ni des allocations familiales, ni du droit à un logement social.

Depuis plusieurs semaines, de nombreux bellifontains m’ont fait part de leur souhait de s’investir pour proposer leur aide et contribuer à ce que cette installation se passe pour le mieux. Je veux les en remercier.

Si la Croix-Rouge n’a pour le moment pas exprimé de besoins spécifiques, ils ont pris bonne note de cette proposition. Lorsque ce centre sera en fonctionnement, nous pourrons certainement coordonner toutes ces bonnes volontés. En attendant, vous pouvez m’adresser par mail les demandes à participer à d’éventuelles actions bénévoles, sur mon mail maire@fontainebleau.fr

Ces propositions spontanées sont venues me rassurer sur l’état d’esprit majoritaire des Bellifontains, qui m’ont dit leur souhait que les choses se passent au mieux, dans un état d’esprit de responsabilité et avec humanité. Et ce, quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir de la politique du gouvernement en matière de lutte contre l’immigration clandestine, et au-delà des rumeurs, manipulations et fausses informations qui pullulent sur les réseaux sociaux largement relayées par une petite minorité.

Normalement, les premières personnes sont attendues dans le courant de la semaine prochaine. Je n’ai à ce jour connaissance d’aucune date plus précise.

Une fois ce Centre d’hébergement en fonctionnement, je proposerai une réunion publique de manière à répondre à toutes les questions qui légitimement peuvent se poser. D’ici là, n’hésitez pas à m’adresser un mail plutôt que de prêter attention aux manipulations en tous genres.

Une fois de plus, face à l’agitation de ceux dont le fond de commerce est d’agiter les peurs, de faire de ces personnes des boucs-émissaires et de monter les uns contre les autres, ce qui se joue à Fontainebleau ce n’est pas de régler les désordres du Monde ou de pallier les carences des politiques nationales (il y a bientôt des élections pour ça), mais de faire en sorte que l’accueil de 150 migrants, pendant une période annoncée d’un an, se passe le mieux possible.

Comptez sur moi pour rester vigilant et attentif sur ce dossier, sans naïveté mais avec humanité. Je continuerai à vous informer de manière transparente et régulière.

Bien a vous,

Frédéric Valletoux

Migrants : se montrer à la hauteur des enjeux

Mis en avant

Chers amis,

Le 22 septembre, je vous informais de la décision prise par le Préfet de la région Ile-de-France d’installer à Fontainebleau une structure d’hébergement provisoire destinée à accueillir des demandeurs d’asile. J’avais aussi indiqué que, s’agissant d’une compétence régalienne, l’État avait pris cette décision seul et aurait pu tout à fait agir sans en informer la Ville. Placé devant le fait accompli, j’ai immédiatement saisi le Préfet de Région pour entamer avec lui un dialogue ouvert et transparent, afin de trouver les solutions les moins préjudiciables possibles.

Sans disposer encore d’informations précises sur le délais de mise en oeuvre de tout cela, j’ai réussi à obtenir de la part des autorités de l’Etat un certain nombre de garanties : D’une part, sur le caractère provisoire et temporaire de cet accueil à Fontainebleau. Ainsi, il m’a été confirmé qu’en aucun cas Fontainebleau n’hébergerait de site permanent voué à l’accueil de migrants. D’autre part, sur la gestion quotidienne de ce centre d’hébergement, j’ai obtenu de l’État un encadrement permanent par une structure professionnelle, spécialisée, et qui a déjà l’expérience nécessaire. C’est la Croix Rouge qui assurera ce rôle.

In fine, fort de ces garanties, je peux envisager plus sereinement l’utilisation de la caserne Damesne. En effet, j’ai pris acte dans le même temps de la volonté de l’État de vendre cette caserne le plus vite possible. J’en veux pour preuve le lancement il y a quelques semaines de la procédure de vente par le service des domaines.

Sur le fond, chacun est libre de ses opinions concernant l’accueil de ces populations. Je comprends parfaitement que l’installation d’une structure d’hébergement, même provisoire, puisse susciter chez certains des interrogations, des doutes ou des craintes.

Néanmoins, je veux rappeler que sur cette question un certain nombre de devoirs s’imposent à nous en tant que citoyens et s’imposent à moi en tant que maire et élu de la République :

Devoir d’humanité et de charité vis-à-vis d’hommes, de femmes, et parfois d’enfants fuyant pour certains la guerre et la barbarie et qu’on ne peut laisser sans aucune assistance.

Devoir de solidarité vis-à-vis d’autres communes en Ile-de-France qui font face à un afflux trop important de ces populations, voire à l’installation de campements sauvages.

Devoir de responsabilité, enfin, car la France est signataire de conventions internationales encadrant l’exercice et les procédures du droit d’asile auxquelles nous ne pouvons nous soustraire.

Ceci étant dit, si nous devons nous montrer dignes, humains et responsables, cela ne saurait pour autant être synonyme d’angélisme ou de naïveté. Il est par exemple impératif que les services de l’État engagent au plus vite, et avec célérité, le suivi administratif de toutes les personnes qui vont être hébergées à Fontainebleau. Il est impératif aussi que l’ensemble des services de l’Etat (sociaux, de sécurité…) soient mobilisés pour que tout se passe bien.

Je souhaite que chacun se montre digne de la situation et fasse preuve de responsabilité et d’humanité pour refuser toutes les provocations et attitudes inappropriées. L’outrance ou la désinformation, qu’elles soient assumées ou involontaires, ne peuvent que déboucher sur des tensions inutiles.

Je suis persuadé que nous saurons ensemble relever ce défi avec sérénité, coeur et honneur.”

FrédéricValletoux