Fontainebleau : un budget 2015 contraint, un plan drastique d’économies

Le 15 décembre prochain, le Conseil municipal de Fontainebleau sera amené à voter le budget de la Ville pour 2015.
Dans un contexte de crise des finances publiques au niveau national que chacun connaît, le plan d’économies mis en œuvre par le gouvernement place les collectivités dans une situation inédite et difficile. Jamais un gouvernement n’avait à ce point imposé aux communes une telle diminution de leurs recettes en provenance de l’Etat.

Entre des dotations en baisse et des charges qui, comme dans les foyers, augmententautomatiquement (électricités, gaz, etc.), la Ville doit aussi faire face à la montée en puissance de réformes imposées comme les nouveaux rythmes scolaires. Pour Fontainebleau, ces nouveaux rythmes scolaires représentent une charge nette de plus de 200.000 euros (une fois déduits les 50 euros par enfant versés par l’Etat et le paiement par les familles).

Enfin, conformément à nos engagements, nous avons décidé de ne pas augmenter les impôts communaux. Conséquence de tout cela : la nécessité de mettre en place un plan d’économies drastique.

1. Un contexte national très difficile qui touche aussi Fontainebleau

Des recettes en baisse

Le Gouvernement a annoncé une baisse des dotations aux collectivités locales de l’ordre de 11 milliards d’€ à horizon 2017, dont 3,5 milliards d’€ dès 2015.

A Fontainebleau, après une baisse de 190 000€ des dotations en 2014 par rapport à 2013, on peut s’attendre en 2015 à une nouvelle diminution de 200 000€, soit -7,5% sur deux ans.

Dotations

Notre choix depuis 2010 de ne pas augmenter les impôts reste une priorité malgré une légère diminution du produit des impôts directs pour la Commune en 2014 (-87 000€ par rapport à 2013). En 2015, les taux n’augmenteront pas non plus.
Des charges en hausse

Le premier poste de dépense, comme dans toutes les communes, ce sont les charges de personnel. A Fontainebleau, elles représentent 50% de nos dépenses de fonctionnement – en dessous de la moyenne nationale pour les Communes de taille comparable, près de 60% – , soit plus de 10 millions d’€ par an.

A savoir : même en n’augmentant pas le nombre d’agents municipaux d’une année sur l’autre, la charge sur le budget de la Ville augmente de 2% environ. C’est ce qu’on appelle le « Glissement Vieillesse Technicité ». Par conséquent si l’on veut ne serait-ce que maintenir à niveau ce budget, il faut diminuer le nombre de postes, ce qui est toujours un choix difficile car chaque agent contribue au service public.

Le second poste de dépense est constitué des charges à caractère général (électricité, gaz, fluides, fournitures, petits travaux d’entretiens etc. : tout ce qui permet de faire fonctionner la Ville) pour près de 6 millions d’€ en 2014. Là encore, les prix augmentent chaque année. Néanmoins, nous devons diminuer ce budget de 400 000€ en 2015.

Enfin, nous devons faire face à des dépenses imposées, comme par exemple la réforme des rythmes scolaires, ou les coûts liés à la multiplication des nouvelles normes (sécurité, accessibilité etc.).

Effet Ciseau

Chaque année, nous veillons à conserver une marge d’autofinancement pour porter nos investissements. Malgré la dureté des temps, nous maintenons cet objectif.
2. 2015, l’heure des choix

Le choix de la rigueur budgétaire

Contrairement à l’Etat qui présente chaque année un budget en déficit, les Communes sont obligées de tenir l’équilibre budgétaire.

A savoir : dans ce contexte, toutes les Villes doivent faire des choix, parfois difficiles.
Quelques exemples :
A Melun : suppression de la patinoire et de presque toutes les illuminations de Noël
A Sceaux : la Mairie sera fermée un jour par semaine
A Vaux le Pénil : baisse de 5 à 10% des subventions aux associations
A Lyon : augmentation de 5% des taux d’impôts locaux
A Strasbourg : baisse de 10% des dépenses de personnel et hausse de 5% des taux d’impôt

A Fontainebleau, nous allons proposer au Conseil municipal plusieurs mesures, dont :


Des mesures structurelles :

Poursuite du plan de maîtrise des dépenses de fonctionnement, avec -5% en 2015

= – 800 000€ par rapport aux besoins.

• Pas de remplacement automatique des départs à la retraite

• Non reconduction de certains CDD

• Chaque service doit baisser ses dépenses de fonctionnement courant de 5%

• Baisse du budget de communication de 27%
Des mesures ponctuelles :

• Annulation du feu d’artifices de la Saint-Louis = – 30 000€

• Suppression de la patinoire de Noël : – 50 000 €

Nous poursuivons une démarche de maîtrise de tous les grands postes de dépenses.

Ces économies vont nous permettre de :

– ne pas augmenter les taux des impôts communaux
– préserver les services publics prioritaires (petite enfance, écoles, aides sociales, aînés)

 

Le choix des investissements d’avenir

Dans ce contexte, beaucoup de collectivités vont devoir diminuer leurs investissements. Or les collectivités locales sont le 1er investisseur en France. Cela pourrait se traduire par la destruction de 70 000 à 80 000 emplois d’ici à 2017.

Le maintien de l’investissement local est un puissant instrument de création d’emploi et de relance économique, que nous devons maintenir. C’est le choix que nous faisons à Fontainebleau.

A savoir : dans le budget municipal, le fonctionnement et l’investissement sont deux budgets distincts. Cela veut dire que ce n’est pas parce nous annulerions les investissements de la place de la République ou de l’Eglise, par exemple, que nous aurions plus d’argent pour maintenir le feu d’artifice ou la patinoire.

En 2015, nous allons poursuivre notre plan d’investissement, avec 3 chantiers prioritaires…
– Place de la République : 1,8 M€
– Eglise : 1,1M€, avec des subventions en attente
– Bibliothèque : 1,3M€, avec des subventions en attente

= 4,2M€

A savoir : ces dernières années, la Ville a inscrit chaque année environ 5M€ d’investissements sans augmenter la dette. La programmation budgétaire permet aussi quelques investissements courants (petits travaux sur le patrimoine et la voirie etc..)

 

… tout en contenant la dette de la Ville.

Le niveau d’équilibre de la dette municipale se situe aux environs de 20M€. Nous stabiliserons ce stock de dette autour de 20/21M€ à l’échelle du mandat.

Pour limiter notre recours à l’emprunt nous utilisons d’autres leviers :

• maîtrise des dépenses sur tous les chantiers,

• recherches systématique de subventions,

• gestion active du patrimoine, par la cession des biens inutiles au service public.

Investissement Dette